MontréalScience | En Vedette http://montrealscience.info/rss/ MontréalScience une initiative de Montréal, ville apprenante, de savoir et d'innovation de la Conférence régionale des élus de Montréal fr-ca Thu, 2 Sep 2010 21:52:57 EDT Copyright: (C) MontréalScience http://fr.wikipedia.org/wiki/RSS_(format) Montréal science | En Vedette http://montrealscience.info/rss/montrealScience.gif http://montrealscience.info/rss/en_vedette.xml <![CDATA[Changements climatiques : à qui doit-on se fier?]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Mon, 30 Aug 2010 (Agence Science-Presse) Devant les diverses études scientifiques et affirmations contradictoires des spécialistes de tout acabit sur les changements climatiques, les citoyens devraient user de leur esprit critique et poser des questions aux autorités et aux scientifiques pour y voir plus clair et comprendre les véritables enjeux.

C’est le consensus auquel sont arrivés les trois invités réunis récemment pour un débat organisé par les deux Écoles d’été en éducation et en développement durable de l’Université Laval. La question à débattre : « À qui doit-on se fier pour comprendre les changements climatiques? »

Claude Villeneuve, biologiste et professeur à l’Université du Québec à Chicoutimi, affirme d’emblée que la science ne peut pas tout expliquer. « Il reste des inconnus dans la compréhension et la modélisation des phénomènes climatiques. Il est donc impossible de faire des prévisions qui se tiennent. » Selon lui, vaut mieux se méfier des scientifiques trop sûrs d’eux-mêmes et plutôt se tourner vers ceux qui tiennent compte des incertitudes.

« Nous devons nous fier à nous-mêmes, à notre entendement, à notre plaisir de réfléchir comme acteur politique et social », répond pour sa part Valérie Albe, physicienne de formation et professeure à l’École normale supérieure de Cachan en France. Elle affirme qu’il faut vivement questionner ceux qui se disent spécialistes. « Il ne faut pas les lâcher. Un peu comme l’enfant qui demande sans cesse “pourquoi?” et “comment?” » Selon cette didacticienne des sciences, il faut examiner les questions plutôt que s’abreuver de constatations alarmistes.

Philippe Le Prestre, professeur à l’Université Laval et directeur de l’Institut Hydro-Québec en environnement, développement et société, abonde un peu dans le même sens. Étonné de la confiance aveugle qu’ont les gens en la science et en l’intégrité de la mesure, il soutient qu’il est nécessaire d’adopter une attitude critique envers toute forme de savoir et d’expertise. « Il faut apprendre à raisonner et reconnaître que chaque discours cache des valeurs légitimes. Chacun essaie de faire adopter son concept et ses techniques et voit le monde à travers son propre prisme, ses perceptions. »


Julie Picard

]]>
<![CDATA[À poux ou à la puce : de quelle herbe s’agit-il?]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Sun, 15 Aug 2010

Pour mieux reconnaître l’herbe à poux et l’herbe à la puce, ces deux plantes irritantes et allergènes qui font tant parler d’elles, une fois l’été bien entamé, l’Agence Science-Presse a interrogé Marie-France Larochelle, biologiste et préposée aux renseignements horticoles du Jardin botanique de Montréal.

Agence Science-Presse (ASP) — Qu’est-ce qui caractérise l’herbe à poux?

Marie-France Larochelle (MFL) — C’est la grande vedette. L’herbe à poux (Ambrosia artemisiifolia L.) fait beaucoup parler d’elle, car elle fleurit à ce moment-ci de l’année. Son pollen très fin provoque le rhume des foins chez les personnes allergiques, soit une personne sur six au Québec. Sa taille varie entre 10 cm et 1 m 30. Elle paraît bien innocente avec son joli feuillage vert qui rappelle celui de la carotte ou de l’œillet d’Inde. Pourtant, c’est une mauvaise herbe résistante, qui croît sur la moindre parcelle de terre et ses semences sont viables durant 40 ans.

ASP — L’autre mal-aimée est l’herbe à la puce?

MFL — L’herbe à la puce (Toxicodendron radicans) provoque de petits renflements douloureux sur la peau lorsqu’on la touche. Près de 85 % de la population québécoise réagit à cette mauvaise herbe. Il faut avoir été en contact une première fois avec la plante pour que le système immunitaire réagisse. Son contact, direct ou indirect, entraîne une dermatite. Toutes les parties de la plante sont à éviter, de la racine aux fleurs, car elles contiennent une huile toxique, l’urushiol. Cette substance adhère même au pelage de chien, de chat et aux outils. Et il suffit de les caresser pour l’attraper.

ASP — Où poussent-elles?

MFL — L’herbe à poux est présente partout dans la vallée du Saint-Laurent, dans les localités à dense population. Cette herbe annuelle a la particularité de pousser plus facilement dans les lieux perturbés par l’activité humaine, partout où la terre a été remuée : terrains vagues, parcs et trottoirs. On peut même la retrouver dans des jardins entretenus. On retrouve l’herbe à la puce en bordure des sentiers, sur les rives du fleuve Saint-Laurent et dans les parcs urbains. Elle est plus difficile à reconnaître, car cette vivace ligneuse adopte différents aspects : grimpante, rampante ou buissonnante. Souvent confondue avec la vigne vierge ou l’érable à Giguère, elle présente des feuilles de trois folioles et une fleuraison discrète.

ASP – Existe-t-il d’autres plantes aussi toxiques?

MFL — Il y en a des plus toxiques dont on parle moins. Le sumac à vernis, très rare au Québec, est bien plus vénéneux que l’herbe à la puce. Il y a aussi la Berce du Caucase que l’on trouve dans les lieux perturbés et qui provoque des phytophotodermatites, des réactions cutanées occasionnées par le contact de la plante et l’exposition au soleil. C’est une plante exotique très envahissante qui peut produire 20 000 graines par plant! Vous pouvez les découvrir dans la section du Jardin des plantes toxiques du Jardin botanique situé à proximité du jardin du monastère et du jardin des arbustes. Ce jardin présente une trentaine de plantes qu’il vaut mieux éviter de sentir, de toucher ou de manger.

ASP – Les personnes allergiques sont-elles condamnées à passer l’été à l’intérieur?

MFL — Évidemment que non! Il faut apprendre à les reconnaître et à s’en débarrasser adéquatement. Il est, par exemple, déconseillé de faire brûler l’herbe à la puce, car la substance toxique que contient la sève (l’urushiol) se disperse dans la fumée et la respirer peut être dangereux. Il faut arracher les plants, mettre des gants et des vêtements longs. Si on entre en contact avec une plante potentiellement toxique. Il faut se laver les mains à l’eau savonneuse – froide de préférence, pour ne pas ouvrir les pores de la peau – et si les lésions persistent, consulter le médecin.

Pour en savoir plus

Les plantes allergènes et toxiques sur le site du Jardin botanique de Montréal

Herbe à poux

Herbe à puce


Isabelle Burgun

]]>
<![CDATA[Science! On blogue]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Tue, 3 Aug 2010 Astronomie 101 pour motards

Me voilà de retour après un peu plus d'un mois d'absence. La coupe du monde de football maintenant terminée, on peut reprendre nos activités normales. La fin de semaine dernière, je suis allé à Sutherland* avec mon club de moto qui y fait chaque année une «ride» d'hiver. J'en ai profité pour parfaire mon cours d'astronomie pour motards en leur faisant visiter SALT, le télescope de 10m du South African Astronomical Observatory (SAAO).

À ma grande surprise, le Sud-Africain moyen est assez au courant de ce qui se passe en astronomie dans son pays. Leur machine de communication et de vulgarisation scientifique porte fruit. En plus d'en connaitre déjà pas mal sur SALT, les gens étaient au courant du projet de télescope SKA, dont l'Afrique du Sud et l'Australie sont en compétition pour déterminer où il sera construit. (voir le texte d'Antoine sur le sujet) Les enjeux de création d'emplois, de développement technologique et de visibilité pour le pays hôte sont assez importants.

L'observatoire de Sutherland est accessible au public pour plusieurs types de visites, de jour comme de nuit et à longueur d'année. L'observatoire a des employés responsables de faire la promotion de l'astronomie dans les médias. Les activités sont annoncées en avance et le public y participe. Même chose à l'observatoire historique, fondé en 1820 au coeur de Cape Town, dans un quartier nommé «Observatory». Les télescopes qui sont encore présents sur le site servent principalement à faire de la vulgarisation scientifique. La majorité des astronomes qui travaillent ici (comme moi) ont dans leur contrat un pourcentage de temps à donner à cette fin. Tous les mois, il y a plusieurs activités organisées, comme des présentations par des astronomes professionnels sur différents sujets scientifiques qui peuvent intéresser le public. Il n'est pas rare de voir plus de 100 personnes participer à ces événements. Après la présentation, on a droit à une visite guidée suivie par l'observation du ciel. Les astronomes amateurs peuvent apporter leur télescope sur le site lors de nos soirées portes ouvertes et les installer à côté des nôtres.

Il y a aussi des soirées d'observation du ciel ou nous allons, armés de petits télescopes portables, au sommet de Lion's Head, au coeur de Cape Town. C'est une tradition de s'y rendre à pied lors de la pleine lune pour aller manger et boire un verre de vin en regardant le soleil se coucher. L'observation du ciel est plus difficile avec la pleine lune, mais il est possible de pointer nos télescopes vers des objets brillants, tel que Jupiter pour y voir ses quatre lunes. Les gens sont vraiment heureux d'avoir la chance de jeter un coup d'oeil dans nos télescopes et l'impact de ce petit coup d'oeil sur leur relation face à cette science fondamentale peut vraiment faire la différence.

Rendre l'astronomie accessible pour tous est une priorité en Afrique du Sud et c'est une bonne façon de combattre l'indifférence d'un gouvernement qui décide par exemple de couper les subventions d'un observatoire. C'est arrivé l'an passé au Canada pour l'Observatoire du Mont-Mégantic (OMM). Heureusement, le gouvernement a dû changer d'idée, en partie grâce à l'offensive médiatique des braves astronomes du Québec et du soutien de la population. L'OMM est finalement resté ouvert. Avoir l'opinion publique de son bord est, comme l'illustre bien cet exemple, très important.

* Sutherland : la neige comme attraction touristique!

Pour les Sud-Africains, le village de Sutherland rime avec deux choses: froid extrême et astronomie. Comble de l'exotisme, on y retrouve parfois même de la neige! C'est d'ailleurs l'attraction touristique principale de Sutherland, entre juin et septembre. Les gens de la région de Cape Town parcourent près de 400 km pour s'y rendre dans l'espoir de voir de la neige. Bien qu'il ne fasse pas vraiment froid comparativement au Québec (il fait rarement en bas de -10C à Sutherland), les maisons ne sont pas faites pour ce genre de température. Chauffage central, isolation, fenêtres doubles, ça ne fait pas partie du vocabulaire qu'on entend souvent ici, à part quand c'est un étranger qui remarque qu'ils n'en ont pas! Même à Cape Town, avec l'humidité et des températures la nuit de 2-3C, c'est pire que mes souvenirs de -20C du temps que j'habitais au Québec.


Un billet Martin Letarte

]]>
<![CDATA[Trop chaud pour travailler]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Wed, 21 Jul 2010 (Agence Science-Presse) La température de la semaine dernière a remis la chaleur à la Une. Et plusieurs se questionnent : fait-il trop chaud pour travailler? « Les travailleurs les plus zélés seront les premières victimes des coups de chaleur », souligne Daniel Drolet, des Services et expertises de laboratoire de l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST).

Le scientifique a mis au point, avec Pierre Dessureault du département de génie industriel de l’Université du Québec à Trois-Rivières, trois outils destinés aux gestionnaires de la santé et de la sécurité au travail.

Pour prévenir le coup de chaleur au travail, il importe d’en évaluer le risque réel. Le Guide de prévention des coups de chaleur, publié en 2003 par la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), se retrouve aujourd’hui en version électronique facilement consultable.

Le calcul de la température de l’air corrigée (TAC) – plus précis que l’Humidex – s’obtient en compilant la température de l’air à l’ombre, l’humidité relative, l’ensoleillement, la charge de travail et l’habillement.

Le calcul de cet indice place le travailleur dans une zone verte, jaune ou rouge. Comme les feux de circulation, il indique la nécessité de ralentir. « L’inconfort précédera cependant la zone jaune. Les pauses devront être de plus en plus longues à mesure que le TAC augmente », explique le scientifique.

Ce calcul permet d’estimer de manière précise l’alternance travail/repos nécessaire. Il fournit une valeur objective et des mesures préventives différentes selon code de couleur : sensibiliser les travailleurs, rotation des tâches, utilisation d’un ventilateur, etc.

Lors de conditions de température et de travail extrêmes, les employés peuvent même être placés sous monitorage cardiaque. Démanteler une usine au fer à souder les jours de grandes chaleurs constitue un emploi à haut risque!

Enfin, puisqu’au Québec, la chaleur est, si intense soit-elle, rapidement remplacée par l’hiver, les chercheurs ont déposé un projet afin de concevoir une boîte à outils pour les conditions thermiques changeantes du chaud au froid – avec l’indice Saskatchewan (froid, vent, habillement, etc.).

Pour en savoir plus

Les trois utilitaires pour les contraintes thermiques en milieu de travail


Ambiances thermiques de travail par l’expert Jacques Malchaire


Isabelle Burgun



]]>
<![CDATA[Vive les radicaux libres!]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Tue, 13 Jul 2010 (Agence Science-Presse) Si les radicaux libres ont mauvaise réputation, c’est que ces molécules dérivées de l’oxygène attaquent nos cellules et accélèrent le vieillissement des tissus. Pourtant, les radicaux libres peuvent aussi aider le corps à combattre les agressions, des bactéries aux virus.

Des chercheurs québécois ont récemment mis à jour les dessous de ce complexe système de défense antiviral. « Lorsque surgit une agression, la production de radicaux libres permet à notre organisme de limiter la réplication du virus. Cette production induit l’inflammation, notre réponse de l’organisme à l’attaque », explique Nathalie Grandvaux, professeure de biochimie à l’Université de Montréal et chercheuse au Centre de recherche du CHUM.

Les radicaux libres produits en quantité importante sont connus pour causer une oxydation mortelle détruisant les composés de nos cellules (ADN, lipides ou protéines). Mais lorsque l’organisme subit une attaque bactérienne ou virale, ils joueraient plutôt un rôle défensif en éliminant les intrus. Le mécanisme de production de ces molécules « utiles » se déclenche au sein même de la cellule infectée.

Les chercheurs ont pu vérifier cette réaction au sein de cellules pulmonaires mises en contact avec deux virus : le SeV (Sendai virus) utilisé comme modèle de virus respiratoire en laboratoire et un second, responsable de bronchiolite et de nombreux cas d’asthme, le Respiratory Syncytial Virus (RSV). Les résultats de ces travaux font l’objet d’une récente publication dans la revue PloS Pathogens.

Une arme de précision

L’agresseur vient de pénétrer dans la cellule. L’alerte des capteurs — RIG-I et Mda 5 — est lancée à travers une voie de signalisation spécifique. Au sein de la mitochondrie, la « centrale énergétique » de la cellule, une protéine – la MAVS — transmet le signal pour actionner les gènes antiviraux.

L’organisme réagit immédiatement. Il prépare la contre-attaque en stimulant une enzyme – la NOX2 — qui transformera les atomes d’oxygène de la respiration en une arme d’attaque. Les capteurs cellulaires sont formels : « Pas de capsule, c’est un virus. Envoyez directement les radicaux libres! » Le système de défense injecte alors une microdose de ces molécules actives afin de maintenir le niveau de la protéine MAVS à un niveau efficace.

« L’objectif est que la cellule survive. Les radicaux libres, produits en dose infime, seront acheminés à un emplacement exact dans la cellule. Ainsi, le reste de la cellule est protégé », explique la chercheuse.

L’identification nouvelle de cette stratégie de défense de l’organisme offre aux chercheurs un meilleur portrait du système immunitaire inné. C’est également une nouvelle piste pharmacologique qui s’ouvre : la promesse de pouvoir stimuler, à la demande, la libération de radicaux libres au sein des cellules infectées à l’aide d’un médicament.


Isabelle Burgun

]]>
<![CDATA[La naissance du chant]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Thu, 17 Jun 2010 (Agence Science-Presse) Le larynx, l’organe principal du chant, se dévoilait mercredi dernier sur grand écran. En 3D et en couleurs, de fascinantes images présentent la grande simplicité de cette mécanique organique.

Le larynx, l’organe principal du chant, se dévoilait mercredi dernier sur grand écran. En 3D et en couleur, de fascinantes images présentent la grande simplicité de cette mécanique organique.

Situé entre la trachée et le pharynx, ce fabuleux instrument naturel renferme les replis vocaux — les fameuses cordes vocales — sans lesquels, point d’aria.

« Les chanteurs d’opéra sont de véritables athlètes. Ils parviennent à développer les muscles du larynx de façon à optimiser leur rendement vocal », s’exclame admiratif le professeur de génie mécanique de l’Université McGill, Luc Mongeau.

Les mélomanes et les curieux de science ont ainsi découvert tous ses mystères lors de La science à l’opéra, un événement musico-scientifique organisé par le Cœur des sciences de l’UQÀM en collaboration avec l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal et présenté dans le cadre du Festival Eurêka!

En ouverture de ce mariage insolite de notes et de recherches, le scientifique proposait une véritable plongée anatomique dans la gorge là où naît le chant, la voix qui nous transporte et nous donne tant de plaisir sur les grandes et petites scènes. Et même dans la baignoire!

Tout le monde chante

Le public s’est levé de concert pour se prêter avec un plaisir perceptible — et un peu de gêne — à une introduction aux techniques vocales données par Claude Webster, le chef de chant principal de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal.

D’étranges vocalises — brr, gni, iii — ont permis aux participants de s’écouter, mais surtout de ressentir les différents lieux de résonnance de leur voix (ventre, crâne, etc.).

Pour initier ces chants, il faut avant tout expulser de l’air des poumons. Cette circulation fera vibrer les cordes vocales. « Ces membranes, sortes de ligaments mous, ont un peu la texture du jello. Elles renferment une composition de protéines (collagène et élastine) et d’eau ».

Résonnant dans les cavités buccales et nasales, la voix s’élèvera. Un chant capable de provoquer des frissons chez les spectateurs lorsque la soprano Suzanne Rigden exécute le second air de la Reine de la nuit de l’Opéra La Flûte enchantée de Mozart. La même envolée peut aussi déclencher des rires lorsqu’un perroquet — un enregistrement — particulièrement en voix reprend le même air!

Paroles et musique

Contrairement à la croyance, la plupart des gens chanteraient plutôt juste. Seulement 10 à 15 % d’entre eux fredonnent à côté de la mélodie. L’interprétation de Gens du pays, la célèbre chanson de Gilles Vigneault par des chanteurs amateurs a permis à la neuropsychologue Isabelle Peretz de le démontrer.

Pour éviter de chanter faux, il suffit souvent de ralentir la cadence. « Ceux qui font le plus d’erreurs sont ceux qui chantent trop vite », relève la cofondatrice du Laboratoire international pour la recherche sur le cerveau, la musique et le son (BRAMS).

Même ceux qui possèdent le don de la fameuse « oreille absolue » — la capacité de chanter les notes musicales sans référence — ne peuvent être assurés de chanter avec justesse une simple chanson.

La chercheuse s’est également intéressée au mythe de l’apprentissage en chantant. Alors que plusieurs croient que chanter un texte aiderait à sa mémorisation, c’est plutôt le contraire qui se produit. « Apprendre le chant et la musique en même temps, ce n'est pas si évident. C’est comme faire deux tâches à la fois, il existe une interférence entre les deux », explique-t-elle.

Chez d’autres patients, la voix risque de s’éteindre. Caroline Boudoux, fondatrice du Laboratoire d’Optique Diagnostique et d’Imagerie (LODI) de l’École Polytechnique a présenté les diverses pathologies physiques – œdème, tumeur et kératinisation — qui nuisent aux envolées lyriques.

La chercheuse caresse d’ailleurs un projet : rendre en images les différents changements du système vocal de la naissance à la mort. Ce qui permettrait de mieux comprendre ce qui nous fait perdre la voix!

Pour en savoir plus

BRAMS — International Laboratory for Brain, Music and Sound Research

Laboratoire d’Optique Diagnostique et d’Imagerie (LODI) de l’École Polytechnique


Isabelle Burgun

]]>
<![CDATA[Science et tradition: on déterre la hache de guerre]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Mon, 31 May 2010 (Agence Science-Presse) Les anthropologues américains vont devoir rendre les armes ! Ou plutôt leurs objets d’études… Depuis le 14 mai, un nouvel amendement fédéral permet à toutes les communautés amérindiennes, de réclamer des ossements aux musées et aux institutions américains.

La seule condition : que les ossements aient été retrouvés près d’un de leurs sites historiques ! « C’est sûr, c’est un pas en arrière pour la science » s’exclame Isabelle Ribot, bio-anthropologue à l’université de Montréal.

Après la résolution de l’affaire de l'homme de Kennewick, les scientifiques pensaient l’avoir emporté. Mais 12 ans plus tard, le gouvernement américain replace la balle dans le camp des peuples ancestraux et leur donne, par une loi, le droit de demander la restitution d’ossements dont la filiation ethnique n’est pas claire.

En effet, il est établi qu’aux États-Unis, bien avant la colonisation occidentale, « il y a eu d’importantes et complexes vagues de migration » précise Mme Ribot. Il est donc très difficile de définir une filiation par la terre. Anthropologues, paléontologues et bien d‘autres misaient plutôt sur une méthode plus scientifique : la génétique.

Les techniques d’extraction d’ADN à partir de fossile s’améliorent sans cesse : les scientifiques ont d’ailleurs récemment séquencé le génome de l’homme de Néandertal. Depuis, de nombreux projets en paléo-génétique ont été mis en place autour des os fossilisés. « C’est terrible, sans eux la recherche ne pourra pas avancer » s’alarme la bio-anthropologue. « Nous ne sommes qu’une seule et même espèce, et c’est un pan de notre histoire qui va être mis entre parenthèses ».

Mais comment éviter de priver la science de cette manne sur l’histoire de l’homme, notre Histoire, sans porter atteinte aux anciens peuples ? « Ces problèmes éthiques n’ont jamais [réellement] été soulevés ! » explique la chercheuse.

« Pour nous [chercheurs au Québec] la situation n’était pas très bonne et cet amendement américain ne va pas l’encourager ! » précise-t-elle. Actuellement, il y a un accord tacite entre les chercheurs et les groupes amérindiens : pas de fouilles sur leurs sites funéraires. Et si des os humains sont retrouvés à proximité d’un site historique, les scientifiques discutent avec les groupes concernés pour ne pas les heurter et, ainsi, travailler efficacement avec eux.

Ces difficultés, opposant science et culture, ne sont pas propres à l’Amérique du Nord. Elles se retrouvent en d’autres lieux où des peuples se sont vu arbitrairement privés de leurs terres. « J’ai eu pas mal de problèmes au Cap. » En Afrique du Sud, alors que Mme Ribot et son équipe fouillaient un sites funéraires, des descendants ont manifesté leur opposition. Le projet a été tout simplement abandonné…

Malgré toutes ces embûches, Isabelle Ribot ne perd pas espoir : « l’avenir de l’homme est le métissage et au cours des générations futures, la mentalité va évoluer. »


Céline Illa


]]>
<![CDATA[78e Congrès de l’ACFAS]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Fri, 21 May 2010
La raison du rusé


(Agence Science-Presse) Pour survivre sur Rubi-Ka, il faut savoir se battre, mais aussi rivaliser de ruse. Tous les adeptes de jeux en ligne auront reconnu la planète futuriste d’Anarchy Online, le premier MMO (Massively Multiplayer Online Games) basé sur un univers de science-fiction. Ils savent aussi que dans cet environnement virtuel... il existe des zones où tout est permis!

« Pour jouer, il ne faut pas toujours suivre les règles. Se jouer des règles permettrait de faire évoluer le jeu de manière créative », soutient Maude Bonenfant, postdoctorante au TAG (Technoculture, Art and Games) de l’Université Concordia et coordonnatrice du Groupe de recherche Homo Ludens de l’Université du Québec à Montréal.

La raison du plus fort serait-elle celle du plus rusé? Un colloque présenté dans le cadre du récent congrès de l’ACFAS, La ruse, entre la règle et la triche, tentait de répondre à cette question en nous plongeant dans l’univers des jeux vidéo comme dans la littérature.

Car lorsqu’Ulysse commande à ses hommes de l’attacher au mât afin de pouvoir, sans danger, écouter le chant des sirènes, le héros de l’Odyssée s’avère plus rusé que tricheur.

« C’est la ruse de la raison, identique à l’outil du travailleur, qui lui permettra de raconter son expérience », assure même Marie Daney de Marcillac, agrégée de littérature moderne à l’École Normale Supérieure (France).

Ruser n’est pas tricher

Les MMO, jeux en ligne très populaires, associent les jeux de rôle — les anciens Donjons et Dragons — et les plateformes en ligne. L’objectif est de faire progresser son personnage au sein du jeu par l’acquisition, par exemple, de points d’expérience.

Dans cet univers persistant, mais virtuel, de très nombreux joueurs interagissent et combattent, grâce à des avatars qui doivent obéir à des règles établies. « Toute existence nécessite des règles. C’est le fondement de toute activité, même ludique », relève Fabien Dumais, doctorant en communication de l’UQÀM.

Ces règles du jeu doivent être vivantes pour perdurer. Et la ruse et la triche sont des manières d’agir sur elles. Alors que la ruse se fait en respectant les règles – ce qui exige une grande expérience du jeu — la triche se ferait dans leur transgression.

« C’est comme au poker. La ruse fait partie du jeu, c’est une manière d’anticiper les règles contrairement à la triche, généralement refusée par les autres participants », affirme même Maude Bonenfant.

Lorsque se déploie le jeu, les plus rusés vont être ceux qui sauront repousser les limites et profiter des failles du règlement pour se tailler un nouvel espace de jeu dans lequel évoluer. Cela demande de l’imagination, mais aussi de connaître l’espace de tolérance des autres joueurs de sa communauté.

Ainsi, dans Guild War ou World of Warcraft, certains joueurs pratiquent l’attaque à vue (Free PVP), une tactique dénoncée par beaucoup de participants dans les forums de discussion. « Tous les joueurs en ligne s’accordent sur le principe du fairplay, le respect des autres joueurs. Mais affronter cinq ou six ennemis représente un certain challenge. Guerroyer n’est pas manquer à la règle, c’est toujours jouer », relève pourtant Charles Perraton, le directeur du Département de communication sociale et publique de l’UQÀM et chercheur principal de Homo Ludens.

Dans les MMO, les biens limités – expériences, richesses, honneurs – pousseraient les plus pressés et les plus ambitieux à transgresser les règles pour obtenir un plus gros butin. Tandis que ruser augmenterait notre puissance d’action et notre profit en nous permettant de nous approprier les biens de nos adversaires. Comme dans la vraie vie, finalement.

Pour en savoir plus :

Le Jeu Anarchy Online

Le Groupe de recherche sur la socialisation et la communication dans les jeux vidéo Homo Ludens de l’UQÀM

Isabelle Burgun




]]>
<![CDATA[78e congrès de l'ACFAS]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Sun, 16 May 2010
La science au service de la communauté

(Agence Science-Presse) Appelée aussi « recherche-action », la recherche participative est une manière éthique et citoyenne d’envisager la science et la recherche. Mais, malgré sa popularité grandissante, elle soulève d’importantes questions quant à la responsabilité des chercheurs puisqu’elle implique la communauté étudiée.

C’est cette responsabilité du scientifique qui s’est retrouvée au cœur même des échanges des chercheurs, experts, étudiants et professionnels réunis lors d’une table ronde tenue récemment dans le cadre du 78e congrès de l’ACFAS à l’Université de Montréal.

Le concept de recherche participative est apparu, il y a une quarantaine d’années, en réponse à cette question éthique. Son but : produire un savoir partagé et des solutions utiles et pertinentes pour les populations étudiées. Et ça marche! Dans le domaine de la santé, que ce soit au sein des communautés autochtones au Canada ou de certaines communautés d’Amazonie, la participation des membres de la communauté a permis d’aborder des problèmes de santé publique de manière pertinente, significative et culturellement appropriée.

La discussion a porté sur l’art et la manière d’aborder la recherche participative, sur l’implication des scientifiques et de la communauté jusqu’au suivi des actions mises en place en passant par le travail des chercheurs sur le terrain. Au cours des échanges, chacun a pu partager les difficultés rencontrées au cours des différentes étapes du processus : ne pas créer trop d’attentes de la part des communautés, être vigilant sur la manière de communiquer les résultats aux membres de la communauté, garder son rôle de chercheur tout en prenant part à la cause de la communauté, maintenir des liens de confiance durables avec la communauté, accorder beaucoup d’importance à l’écoute, rester à la fois rigoureux et impliqué dans la recherche, etc.

Si chacun s’accorde à dire qu’il n’y a pas de recette toute faite et que l’implication sociale de chaque chercheur est différente, Johanne Saint-Charles, professeure à l’UQAM et directrice de CINBIOSE a conclu cette discussion en mettant en exergue l’importance de la confiance, de la réciprocité, de la flexibilité et du doute dans le processus de recherche participative. Des qualités humaines qui s’appliquent bien au-delà du cadre de la recherche scientifique!


Odile Clerc


]]>
<![CDATA[78e congrès de l’ACFAS]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Sun, 16 May 2010
Des émeutes à l’antenne

(Agence Science-Presse) L’affaire Villanueva alimente encore les nouvelles. De récentes photos ramènent dans l’actualité ce drame qui a entraîné la mort du jeune Fredy Villanueva en août 2008. Il avait été suivi de violentes émeutes dans l’arrondissement Montréal-Nord.

Ce dramatique événement est devenu le second sujet média de 2008 au Canada. Bien avant la météo et les Jeux olympiques, ce sujet a été relayé dans 28 pays. C’est dire que peu de journalistes l’ont vu, mais beaucoup en ont parlé!

Certains à tort et à travers. « Ils ont construit des portraits stéréotypés des émeutiers alors que la plupart n’étaient même pas sur le terrain pour en témoigner », explique André-Yanne Parent, étudiante à la maîtrise en anthropologie à l’Université de Montréal.

L’étudiante présentait en début de semaine une analyse des discours dans la presse francophone lors du colloque Discours et pratiques journalistiques présenté dans le cadre du congrès 2010 de l’ACFAS.

Si La Presse et Le Devoir ont fait du « bon travail » en cherchant à identifier les causes sociales des émeutes, ailleurs, c’est surtout le discours des officiels (police, mairie, etc.) qui a été transmis.

Et ce qui n’aurait pu être simplement un banal fait divers a tourné au spectaculaire, tant à l’antenne des journaux télévisés qu’au sein des quotidiens. « Il y a eu beaucoup d’incompréhension et de démagogie de la part des journalistes », conclut l’étudiante.

Lorsque le journal télévisé fait son cinéma

Locomotive de l’information, le journal télévisé (JT) reste encore très populaire. Près 1/4 de l'écoute télévisuelle canadienne (Québec inclus) irait à l'écoute de l'information, ce qui représente environ près d'une heure par jour.

En peloton de tête de l’information, le JT de TF1 (France) rassemble encore près de 7 millions de téléspectateurs — l’équivalent de la population du Québec! — tous les soirs à 20 heures.

« Le JT est loin de mourir », affirme Marie-Eve Carignan, doctorante en communication de l’Université de Montréal. À l’aide d’un outil quantitatif inspiré des travaux de Georges Gerbner (Cultivastion analysis), l’étudiante a scruté le JT à la loupe : thèmes abordés, présentation, etc.

Une première analyse de contenu de quatre JT (TF1, France 2, SRC et TVA) a déjà permis de mettre à jour la grande similarité des bulletins de nouvelles. Les cinq premiers thèmes d’intérêt sont les mêmes — politique (locale), économie, lois, droits et libertés et médias — dans un ordre différent.

« Le JT de Radio-Canada s’intéresse cependant plus souvent à l’armée et aux affaires militaires et celui de TVA aux célébrités. Du côté de TF1, c’est plutôt les transports et l’éducation qui reviennent tandis que celui de France 2 a une certaine inclinaison pour la mort », précise l’étudiante.

Pour plaire à son public, la « grande messe » changerait aussi d’allure. « Avec toutes les astuces hollywoodiennes (dilatation du temps, champ-contrechamp, etc.), le journal télévisé est très agréable à regarder. Mais il montre plus et explique moins », soutient de son côté Mario Zunino, étudiant en communication à l’UQAM.

Cette « infociné » va pourtant laisser les téléspectateurs sur leur faim. « Lorsqu’ils éteignent la télévision, ils auront l’impression de n’avoir rien appris d’essentiel », croit l’étudiant.


Isabelle Burgun

]]>
<![CDATA[Dans un bloc opératoire comme dans un cockpit]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Sun, 16 May 2010 (Agence Science-Presse) Saviez-vous que chaque année, au Canada, les hospitalisations tuent plus que le cancer du sein, le sida et les accidents de la route réunis? Bien que les chiffres ne soient pas publiés malgré une obligation de déclaration des incidents et accidents, l’Institut canadien d’information sur la santé évalue qu’un adulte sur quatre est victime d’un effet indésirable à la suite d’une hospitalisation; ils seraient entre 9000 et 24000 à en mourir.

Infections diverses, erreur de médication, absence de suivi médical, complications chirurgicales en bloc opératoire, mauvaise opération, les causes de ces effets indésirables sont nombreuses.

Face à ce constat alarmant qui dépasse largement les frontières du Canada, l’Organisation mondiale pour la Santé (OMS) a lancé en 2008 un programme international intitulé « Une chirurgie sûre sauve des vies ». Objectif : mettre en place un protocole de sécurité obligatoire dans les blocs opératoires à l’instar de ce qui se pratique dans l’aviation. La culture du cockpit hermétique et de la boîte noire serait-elle efficace dans une salle d’opération?


C’est ce qu’ont testé huit hôpitaux-pilotes auprès de 7700 patients en Tanzanie, aux Philippines, en Inde, en Jordanie, aux États-Unis, au Canada (Ontario), au Royaume-Uni et en Nouvelle-Zélande. Pendant un mois, des équipes chirurgicales de culture et de niveau de développement différents ont procédé à la vérification formelle et systématique de 10 points-clés avant et pendant l’intervention : identité du patient, type d’opération, côté à opérer, allergie, traitement d’antibiotiques, décompte des compresses et instruments utilisés, etc. Les résultats sont édifiants : la mortalité a régressé en moyenne de 40 % et le nombre de complications chirurgicales de 30 %.

Un succès sans équivoque qui a motivé de nombreux pays à rendre la « check-list » de l’OMS obligatoire dès janvier 2010. Cependant, si personne ne doute de la pertinence d’une procédure de vérification, sa mise en pratique sur le terrain est complexe.

« Au Québec et au Canada, la liste de vérification de l’OMS n’est pas obligatoire. Il n’y a pas de politique globale sur l’ensemble du territoire. Pour le moment, chaque établissement s’autorégule. La liste de contrôle entrera cependant en vigueur en 2011 », explique Marie-Pascale Pomey, médecin, professeure agrégée à l’Université de Montréal au département d’administration de la santé et directrice de la maîtrise en gestion de la qualité et des risques.

« Pour les équipes médicales, poursuit Mme Pomey, cette démarche de prévention est nouvelle. En effet, dans les hôpitaux, on agit beaucoup sous la pression de l’urgence, on gère au plus pressé. Agir pour prévenir ne fait pas partie des habitudes de travail. »

Entre les barrières d’ordre culturel, organisationnel, communicationnel et politique, la liste de l’OMS n’est pas toujours bien accueillie. Car vu de l’intérieur du bloc opératoire, consacrer du temps à remplir un formulaire par écrit plutôt qu’à opérer ne tombe pas sous le sens.

Sans parler des problèmes de sous-effectif et de surcharge de travail auxquels les infirmières font déjà face. « Le plus dur, c’est d’obtenir l’attention de tous les intervenants – 7 ou 8 personnes en général — au même moment pour procéder à une vérification formelle du travail à effectuer avant l’incision. C’est là que tout le monde doit être attentif; ce n’est pas simple, car au début d’une intervention, le travail va vite, chacun est très occupé » explique Francine Dubois, assistante-infirmière-chef au bloc opératoire à l’hôpital Sainte-Justine.

« Avant les recommandations de l’OMS, on procédait déjà à des vérifications systématiques avant d’opérer, mais cela restait oral et selon la rigueur des intervenants ou les circonstances, on pouvait sauter des étapes. Aujourd’hui, tout est consigné par écrit. Et s’il est vrai qu’au début, les chirurgiens étaient un peu sarcastiques, la liste de vérification est aujourd’hui bien acceptée », ajoute Mme Dubois qui travaille depuis 2007 sur un protocole de sécurité chirurgical adapté à la pédiatrie.

À en croire Marie-Pascale Pomey, l’hôpital Sainte-Justine ne reflète pas la réalité de tous les établissements. « La check-list est souvent perçue comme une procédure de contrôle des chirurgiens et des autres professionnels du bloc. Or, il ne s’agit pas de critiquer le travail des experts, mais d’encadrer la sécurité et de disposer d’un document légal qui accompagne le dossier d’un patient. La traçabilité est importante et la conscientisation du risque doit évoluer. »

Espérons que la culture du cockpit arrivera à s’imposer dans les blocs opératoires même si l’appréhension du risque est radicalement différente : dans un cas, une erreur humaine entraîne le crash de l’avion, dans l’autre, seul le patient reste sur le carreau!


Odile Clerc

]]>
<![CDATA[Les Expo-sciences célèbrent un demi-siècle!]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Thu, 29 Apr 2010 (Agence Science-Presse) « Je me voyais déjà faire de la science expérimentale. Je lisais des livres biographiques et tous mes loisirs étaient tournés vers les sciences : astronomie, photographie… J’en rêvais », explique Jean-Marc Malbœuf.

L’ingénieur à la retraite, âgé aujourd’hui de 64 ans se souvient, comme si c’était hier, de sa participation à la seconde édition des Expo-sciences. Son projet – la conception d’un oscilloscope — a même remporté le premier prix « sciences appliquées » en mai 1962!

L’année 2010 marque un jalon important de la culture scientifique avec les 50 ans des Expo-sciences. Un demi-siècle de passion scientifique où des dizaines de milliers d’élèves du secondaire et du collégial ont pu imaginer, concevoir et surtout présenter leurs projets scientifiques.

« Entre l’idée et le résultat, il y a toute la réalité du projet expérimental : il faut trouver de l’information, acheter des pièces, solliciter des gens, poser des questions... ça permet de vivre des plaisirs et des désillusions, mais lorsqu’on y parvient, ça donne le goût de persévérer », raconte Jean-Marc Malbœuf.

Devenu juge, il admire la qualité des présentations et des kiosques présentés aujourd’hui. « J’avais monté mon kiosque à la mitaine avec mon père. Ce n’était pas aussi beau », renchérit l’ancien participant.

Ce qu’il reste de nous

Alors qu’il manque de relève dans bien des secteurs scientifiques et technologiques, cet événement phare du Réseau CDLS-CLS démontre que les jeunes ne craignent pas les sciences. Près de 15 000 jeunes de 12 à 20 ans expérimentent tous les ans les affres de la recherche et de la vulgarisation scientifique.

« C’est une expérience incroyable qui m’a apporté tellement de choses : des contacts professionnels, des amis, des bourses pour voyager », relate Delphine Rémillard-Labrosse qui y a participé il y a cinq ans à peine. À l’aide de ce tremplin, la jeune étudiante en médecine, âgée de 21 ans, a déjà réalisé des stages en Israël, au Costa-Rica et en Arctique.

Autre ambassadeur des Expo-sciences, Yannick Bergeron, estime que sa participation en 1994 – avec un projet sur la « Micropropagation de dionée gobe-mouche » en collaboration avec Martin Richard — lui a donné une raison de continuer en science. « Ça m’a apporté une confiance en moi, un sentiment d'accomplissement, un sens à ma vie. J'ai eu la chance de faire des rencontres mémorables. Tout mon cheminement de vie professionnel provient de là », affirme même l’enseignant et communicateur scientifique.

Du côté de Martin D’Amours, qui y participait il y a plus de trente ans, les Expo-sciences lui ont fourni un coffre à outils formidable. « On apprend à raisonner, à s’exprimer, à être rigoureux... ça prépare pour la vie adulte », soutient le directeur de Showcare, une entreprise œuvrant dans l’événementiel.

La 32e édition de la Super Expo-sciences Bell, finale québécoise 2010 se tenait du 15 au 18 avril au CEPSUM de l’Université de Montréal. Les activités de célébration des 50 ans des Expo-sciences au Québec se dérouleront jusqu’au mois de décembre prochain.

Pour en savoir plus :

Les 50 ans des Expo-sciences au Québec

Tous les prix Expo-sciences 2010


Isabelle Burgun


]]>
<![CDATA[Des bêtes à personnalité]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Sun, 18 Apr 2010 (Agence Science-Presse) Doux comme l’agneau ou féroce comme le loup, chaque animal possèderait une personnalité propre. Et ce n’est pas parce qu’on est loup qu’on est forcément plus agressif... même s’il y a un avantage certain à l’être!

« Les populations animales présentent des variations de comportement entre individus. Des mammifères aux oiseaux, en passant par les reptiles, ce phénomène est généralisable jusqu’à l’homme », soutient même Denis Réale, chercheur au Groupe de recherche en écologie comportementale et animale (GRECA) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et titulaire de la Chaire du Canada en écologie comportementale.

Lors de sa récente conférence présentée au Cœur des sciences de l’UQAM, le chercheur a donné des exemples de variation du comportement animalier, du plus docile au plus agressif, révélant des bêtes moins stéréotypées, loin des contes pour enfants ou des fables de Lafontaine.

Le biologiste verserait-il dans l’anthropomorphisme? « La psychologie animale ne date pas d’hier. Mais ce type de recherches, assez récentes en écologie, aident à changer notre regard sur les animaux en leur reconnaissant une plus grande diversité de comportements. »

La raison du plus fort...

Hardi, timide, agressif ou docile, un trait de caractère dominant aurait pour caractéristique d’être constant dans le temps. Ainsi, lorsque l’environnement ou la situation change, l’animal le plus agressif demeure toujours plus agressif que les autres membres de son clan.

Ainsi, la femelle écureuil plus agressive est performante lorsqu’il y a abondance des ressources. Mais si la disponibilité de cônes d’épinettes, sa source principale de nourriture, venait à manquer, ce trait de caractère lui nuirait. En effet, les femelles moins agressives tireraient mieux leur épine du jeu. Les individus moins agressifs et plus généralistes s’adapteraient plus facilement à la crise. La raison du plus fort – ou, dans ce cas-là, du plus agressif — ne sera donc pas forcément la meilleure.

La reproduction du mouflon le prouve encore. Si les mâles les plus agressifs et fringants parviennent à se reproduire assez tôt – la maturité sexuelle s’établit à 4 ou 5 ans pour les mouflons — les plus dociles auront une bien meilleure longévité de reproduction. « Les plus agressifs auront une vie intense, mais vivront moins longtemps. »

Les moins agressifs, quant à eux, vivront plus longtemps et deviendront les gros mâles dominants mâtures aux cornes volumineuses dont les femelles sont friandes.

Qui va piano va sano... qui va lentement va sûrement, comme dit l’adage. Ce qui pourrait expliquer que l’évolution n’a pas favorisé la seule agressivité comme trait dominant d’une espèce, mais au contraire, a favorisé la pluralité des traits. Une chance pour les plus timides.

À visiter :  Chaire du Canada en écologie comportementale


Isabelle Burgun

]]>
<![CDATA[Quand la politique tue le scientifique]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Fri, 12 Mar 2010 Les progrès technologiques répondent-ils à un problème scientifique ou humanitaire réel ou à une commande politique? La question est posée, et la démonstration de Nicolas Chevassus-au-Louis, journaliste scientifique et auteur français, lors de la conférence Du rêve à la réalité : quand la technologie dérape, présentée en février dernier au Coeur des sciences de l'UQAM, montre comment l'histoire récente accumule les idées les plus loufoques au nom de l'orgueil des dirigeants nationaux.

À commencer par la Guerre froide, où les Soviétiques et Américains se faisaient la course pour l'utilisation de l'arme atomique tant à des fins militaires que pour l'ingénierie civile. Entre les années 1950 et 1960, les scientifiques rêvaient d'utiliser l'engin explosif pour déplacer des montagnes, creuser d'immenses canaux ou construire des routes en un temps record. Quand on s'est rendu compte des ravages potentiels des retombées radioactives, les autorités ont aussitôt écarté l'idée.

Les économistes justifient souvent les dérapages technologiques par la logique du marché, qui soumet les innovations les plus prometteuses à la loi « naturelle » de l’offre et de la demande. C'est vrai en partie, précise M. Chevassus-au-Louis, qui donne l'exemple des protéines de pétrole, que l'on a voulu introduire dans l'alimentation dans les années 1970. En France, la pétrolière BP avait investi beaucoup d'argent pour utiliser la matière première en remplacement de la nourriture pour le bétail et, dans une certaine mesure, celle de l’humain.

Or, cette poussée technologique n'a pas résisté à la dégringolade des prix du pétrole qui a marqué l'époque. Les investissements massifs pour poursuivre l'aventure n'étaient donc plus justifiés. Voici pour les raisons économiques. Mais ce sont surtout les décisions politiques qui ont eu raison de la viande de pétrole, explique le journaliste. L'arrivée du soja sur le marché offrait une concurrence féroce. Les États-Unis, premier producteur mondial, réussissent à imposer son monopole. La compétition est déloyale et BP baisse les bras.

La preuve la plus flagrante de l'influence politique sur le développement technologique reste le programme spatial américain Apollo. En 1961, le président John F. Kennedy annonce l'envoi prochain d'un homme sur la Lune. Ce sera le début de la course à la conquête de l'espace contre l'Union soviétique, déjà 10 ans en avance. Pour rattraper le retard, les Américains investiront des sommes colossales. En dollars d'aujourd'hui, l'investissement américain équivaut entre 222 à 744 milliards de dollars, explique Nicolas Chevassus-au-Louis. Une quête qui s'échelonne de 1961 à 1975, dont les retombées technologiques concrètes frôlent le zéro! Une contradiction magistrale de la théorie de « la main invisible » du marché, si chère aux économistes, continue-t-il.

En conclusion, les percées technologiques restent ballotées entre des visées purement humanistes, c'est-à-dire dans l'amélioration des conditions existentielles, et les ambitions politiques. Pour Nicolas Chevassus-au-Louis, la participation citoyenne est cruciale pour encourager l'innovation vers le meilleur objectif possible et favoriser le débat. Et contrairement à l'adage, qui dit qu’on ne peut pas arrêter le progrès, M. Chevassus-au-Louis est catégorique : mieux vaut l'orienter dans le plus grand intérêt.


Danny Raymond

]]>
<![CDATA[La science s’invite aux Jeux olympiques]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Thu, 18 Feb 2010 (Agence Science-Presse) - À Vancouver, plusieurs spécialistes seront assis nerveusement sur les lignes de côté, soit à doser les suppléments alimentaires avant et après les compétitions ou à mesurer l'effet aérodynamique de la nouvelle combinaison des patineurs de vitesse. Plein feu sur les éminences grises de la science sportive.

Depuis 2006, les plus grands scientifiques du pays travaillent dans le plus grand secret au programme À nous le podium, un projet auquel participent plus de 17 universités et centres de recherches. Le gouvernement du Canada et des partenaires privés ont investi 117 millions $ dans l'aventure. Une première dans l'histoire d’un pays hôte, question d'éviter un autre record canadien, celui de n'avoir jamais remporté de médailles d’or quand il accueillait les Jeux olympiques chez lui.

Boisson énergisante olympique

Benoît Lamarche fait partie de cette équipe d'élite discrète. Il est professeur titulaire au département des Sciences des aliments et de nutrition à l'Université Laval. C'est surtout l'homme derrière le programme nutritionnel de l'équipe canadienne de patinage de vitesse longue piste.

Avec d'autres collègues, M. Lamarche a créé de nouveaux suppléments alimentaires pour améliorer la performance physique et faciliter la récupération. « Nous voulions inventer des produits jusqu'ici inexistants, explique-t-il. Les athlètes pourront boire une boisson liquide pour augmenter leur vitesse et leur performance. Nous avons aussi conçu une boisson dont les ingrédients améliorent le fonctionnement musculaire, renouvellent rapidement les réserves de glucides et maximisent l'effet physiologique. » Un produit semblable aux boissons sportives qui aident à la récupération après effort.

Combinaisons aérodynamiques

Guy Larose soumet les patineurs de vitesse au test de la soufflerie, une machine habituellement destinée à tester l'aérodynamisme des aéronefs. Dans son laboratoire du Conseil national de recherche du Canada, à Ottawa, les vents soufflent à 400 km/h. « Les expériences sont cruciales pour savoir comment le vent circule autour de l'athlète. Ces conditions extrêmes aident les patineurs, les surfeurs des neiges, l'équipe de skeleton, ski acrobatique, luge et bien d'autres à adapter leur posture et à réduire la résistance à l'air. »

Les combinaisons de courses font aussi partie de l'équation gagnante, explique le spécialiste. Le fabricant de vêtements sportifs Descente a redessiné les combinaisons des patineurs pour éliminer les frictions notamment entre les jambes. À ce niveau de performance, rajoute Guy Larose, les quelques centièmes de secondes retranchées au chronomètre peuvent mener au podium.

Sauver la face du Canada

Jamais deux sans trois. Or, c'est justement ce que veut éviter le Canada à ces jeux. Zéro médaille d’or aux olympiades d'été de Montréal, en 1976. Zéro médaille d’or aux jeux d'hiver de Calgary, en 1988. Cette année, le programme À nous le podium ne vise rien de moins que la palme des médailles d'or. Pour les jeux paralympiques, le Canada souhaite arriver troisième au tableau des médailles. Le gouvernement y a mis le paquet depuis 2005, parce qu'il souhaite faire oublier nos performances passées, explique Benoît Lamarche.

L'occasion ou jamais de mesurer le slogan officiel des Jeux de Vancouver : des plus brillants exploits.

Danny Raymond


]]>
<![CDATA[Un esprit sain dans un corps sain]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Wed, 10 Feb 2010 (Agence Science-Presse) - Voilà une phrase célèbre qui a toutes les chances de persister au 21e siècle. Surtout si, comme le prétend le dernier rapport de Société canadienne d'Alzheimer, le nombre de Canadiens atteints de démence ou de la maladie d'Alzheimer, totalisera d’ici 2038 1,1 million de personnes.

« Dès les premiers paragraphes de ce rapport, on y souligne l'importance de garder la forme physique », explique Louis Bherer, spécialiste de la cognition liée au vieillissement et chercheur à l'Institut universitaire gériatrie de l'Université de Montréal. Mais lors de sa sortie dans les médias, on a surtout focalisé sur les exercices cognitifs à privilégier, s'étonne le spécialiste. « Oui, les exercices cognitifs pour stimuler nos neurones, comme l'apprentissage du Chinois, la mémorisation des noms ou de vos listes d'épicerie, sont essentiels. Mais le cerveau fait partie intégral du corps, dont il faut prendre grand soin aussi. »

Un corps sain...

Le cerveau reste en santé grâce à une mécanique extrêmement simple et complexe à la fois. Une équation qui implique l'exercice physique, une activité intellectuelle accrue et la sociabilité, relève Louis Bherer.

La santé physique dépend largement des habitudes de vie. L'obésité et la sédentarité en sont les grandes menaces. L'alimentation est notamment la première cause de l'hypertension artérielle, un facteur de risque pour les maladies cardiovasculaires. Et qui dit problèmes cardiovasculaires, dit aussi problèmes cognitifs.

Une récente étude a d’ailleurs démontré que la prévention de l'hypertension artérielle protégerait contre la démence associée au vieillissement. Les facultés cognitives comme la capacité d'analyse, la mémoire, les fonctions psychomotrices et verbales sont intimement liées à l'irrigation sanguine au cerveau, rajoute Louis Bherer. Des appareils d'imageries cérébrales ont aussi montré comment l'apport d'oxygène dans certaines zones du cerveau maintient l’acuité intellectuelle.

Pour garder la forme, il faut simplement privilégier une saine alimentation combinée aux exercices physiques, résume M. Bherer. Aussi, la pratique régulière d’un exercice aérobique modéré permet non seulement de ralentir le déclin cognitif, mais aussi inverser le processus de vieillissement du cerveau. La marche rapide pendant 45 minutes trois fois par semaine suffirait à garder sa matière grise intacte, et ce, même chez la population vieillissante.

...et un esprit sain

Les facultés cognitives fonctionnent comme des muscles : elles s'améliorent à l'usage. « Use it or lose it », lance Louis Bherer. Sudoku, lecture, écriture, solutions de problèmes, exercices de mémoire figurent parmi les exercices les plus bénéfiques pour garder le cerveau alerte.


Danny Raymond

]]>
<![CDATA[Je vote pour la science]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Thu, 21 Jan 2010 L'Année de la biodiversité


(Agence Science-Presse) - Ces dernières années, on a parlé de plus en plus de la crise des changements climatiques, mais derrière cette crise s'en dessine une autre, celle de l'extinction des espèces. C'est la raison pour laquelle l'Organisation des Nations Unies a décrété que 2010 était l'Année internationale de la biodiversité. C'est le sujet de l'émission radiophonique "Je vote pour la science" de cette semaine.

Pascal Lapointe s'entretient avec Ahmed Djoghlaf, secrétaire exécutif de la Convention sur la diversité biologique de l'ONU et Josée Nadia Drouin parle avec Lucie Sauvé, de la Chaire sur l'éducation relative à l'environnement de l'UQAM, qui prononcera une conférence dans le cadre de L'Arche, spectacle qui ouvre, le 21 janvier, les activités de l'Année de la biodiversité à Montréal. Écoutez l'entrevue avec Mme Sauvé ici.

Notre journaliste Valérie Ouellet s'entretient également avec Jean-Pierre Revéret, de l'UQAM, qui se penche depuis plusieurs années sur une facette méconnue de la lutte pour protéger les espèces: peut-on mettre une valeur monétaire sur les écosystèmes? Écoutez l'entrevue avec M Revéret ici.

Également dans l'actualité cette semaine: à Londres, un débat Je vote pour la science (ou presque!) entre le ministre de la Science et ses vis-à-vis des deux autres partis politiques; la recherche canadienne sur le climat au bord du gouffre, selon les médias; et un sondage Léger Marketing révèle que les Québécois se sentent plus interpellés par le climat que les autres Canadiens.

Écoutez l'émission complète ici

]]>
<![CDATA[Quand le blues de Noël nous frappe]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Mon, 4 Jan 2010 (Agence Science-Presse) - Pour les inconditionnels du réveillon, les férus de lumières musicales et autres adorateurs du plum-pudding, entendre un « Moi, je déteste Noël » bien senti a de quoi donner froid dans le dos. Mais pourquoi certaines personnes ont tellement de mal avec la période des fêtes?

Les psychologues et psychiatres sont unanimes : le début d’année est le moment le plus occupé pour eux. Soucis familiaux, finances en déroute… Noël et le Jour de l'An cumulent les facteurs qui peuvent entraîner une baisse de moral, pour peu que l'on y soit déjà sensible. Pendant les fêtes de fin d'année, il y aurait plus de dépression, essentiellement des rechutes, et il faut souligner que de manière générale, l’hiver est une période propice à broyer du noir, car la baisse de luminosité est responsable d'un phénomène bien connu : la dépression saisonnière. Mais parfois, le malaise est plus profond.

Aucune autre fête ne traîne avec elle autant de clichés : c'est l'époque de la reconstitution du clan, avec tout ce que cela comporte de profondément identitaire. Noël peut mettre à jour le pire des dysfonctions familiales, mais si voir sa famille peut parfois être source de tension, passer Noël seul est souvent bien plus difficile.

Pendant la période des fêtes, les gens ont tendance à perdre leurs habitudes de vie; on mange mal, on boit beaucoup, on dort souvent peu. Ces facteurs diminuent la résistance de l’organisme au stress. Johanne Renaud, psychiatre clinicienne à l’Hôpital Douglas explique que pour éviter de s’enliser, les meilleurs trucs sont les plus simples : « Ne pas s’isoler, éviter les abus, prendre l’air, et… ne pas mettre la barre de ses attentes trop hautes pour éviter les grandes déceptions ».

]]>
<![CDATA[La Semaine du Son]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Wed, 16 Dec 2009

Le parcomètre siffle, la centrale électrique vrombit, les poteaux modulent. Les étranges bourdonnements de Montréal effacent les bruits urbains et le trafic. Au programme : la « musique » originale de la ville. Celle que l’on découvre à travers les Promenades électriques Montréal, présentées dans le cadre de la Semaine du Son, le festival de la Société de promotion de la science et de la technologie (SPST). L’expérience artistique nous immerge dans un environnement sonore inédit : celui des champs électromagnétiques.

Depuis 2004, la pionnière allemande du « soundart », Christina Kubisch, trace au cœur des villes d’innombrables errances sonores. Après Taïwan, Bremen, Londres ou Paris, c’est au tour de Montréal de jouer la ville-orchestre. Avec comme objectif de donner à entendre les circuits électriques et autres systèmes de communication, l’artiste a tracé un circuit où les signaux sont particulièrement puissants et intéressants.

1000 bornes sonores

Pour passer de l’autre côté du miroir, comme Alice au pays des merveilles, il faut un casque — à emprunter gratuitement au Goethe Institut – capable de transformer en fréquences audibles les rayonnements électromagnétiques de notre environnement urbain : feux de signalisation, affichages, bornes et parcomètres. Scrr, bzzz, puu... un monde sonore s’ouvre à vous.

Surtout, ne cherchez rien de bien mélodique dans cette « musique », mais plutôt de l’étonnement et la redécouverte de vos oreilles. Un mouvement de la tête et le vrombissement glisse au creux de votre oreille. Balancer ainsi la tête pour faire varier les vibrations captées et chercher un son précis en se collant l’oreille, ou plutôt le casque aux poteaux et autres signalisations électriques est très amusant. Mais pas trop près, pour que cela ne soit pas assourdissant!

Différentes formules de promenade (pressée, relax et à contre-courant) nous initient aux mille contrastes urbains : du plus fort (Hydro-Québec poste Berri) jusqu’au doux (Temple bouddhiste), en passant par le silence électrique de la place Ville-Marie. Le métro constitue une cathédrale électrifiée – c’est la destination favorite des participants. C’est là que les bourdonnements se marient avec les sifflements, les craquements et les autres chuintements pour former un véritable concert de sonorités. De quoi – presque — s’électriser de plaisir!

Pour en savoir plus

Promenades électriques Montréal

La programmation de la Semaine du Son de la SPST

Christina Kubisch


Isabelle Burgun

]]>
<![CDATA[La Semaine du Son]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Mon, 7 Dec 2009

On ne sait rien d’eux, ou presque. Ils portent un surnom mythique – les licornes de mer — et seraient classés comme menacés par les experts. Les narvals, dont la population mondiale s’élève à environ 80 000 individus, vivent exclusivement en Arctique et surtout, possèdent une corne mystérieuse.

Un individu sur 10 000 en possèderait même deux. « Cette incisive pointe à gauche dans la mâchoire des mâles. Nous ne savons pas trop à quoi elle sert et ne paraît pas essentielle », relève Marianne Marcoux, la doctorante en biologie marine de l’Université McGill.

Cette jeune exploratrice présentait la semaine dernière ces intrigants mammifères à 300 élèves dans le cadre de la Semaine du Son au Cœur des sciences de l’UQAM. Et à entendre leurs questions enthousiastes, les narvals les fascinent de la corne à la queue.

Les adolescents ont surtout été séduits par le style de vie de la jeune scientifique. Chaque été depuis quatre ans, elle fait son – gros — baluchon pour aller camper sur une falaise de la Terre de Baffin, en compagnie d’une collègue, d’un guide inuit et de deux chiens. « Pour nous avertir si les ours polaires s’approchent du campement. Il nous faut aussi nous entraîner à la carabine avant de partir. »

Il est seulement possible d’observer des narvals autour du Groenland, au large de la Russie et de l’Île de Baffin. À Bruce Head — un endroit désertique proche de Pont Inlet, au nord du 72e parallèle –, elle y a dénombré, l’été dernier, le passage de près de 8 000 licornes des mers en quatre semaines.

Chants de licornes

Les narvals appartiennent aux baleines à dents comme les épaulards. Ils vivraient près de 10 ans et s’avèrent capables de plonger jusqu’à 1 500 mètres pour pêcher les flétans dont ils sont friands. Dans ces sombres profondeurs, ils se servent de leur système d’écholocalisation – comme les chauves-souris – pour repérer leurs proies.

Comme d’autres baleines, les narvals chantent. Et ce chant, moins mélodieux que celui de la baleine bleue, passionne la chercheuse. « Il ressemble aux sons d’un rasoir, d’une perceuse et suivant leurs activités, ce sont de petits sifflements différents. Ils sont particulièrement présents lors des relations sociales des narvals », explique-t-elle.

Captés au moyen d’hydrophones, des micros sous-marins, ces chants lui permettent de mieux estimer la population de narvals présente dans la baie. Cette surveillance acoustique de la région s’avèrerait aussi utile pour mieux cerner ces animaux mystérieux – par exemple, où vont-ils pendant l’hiver? —, mais également pour étudier l’impact des changements climatiques sur les narvals.

La fonte des glaces, déjà amorcée au pôle Nord, libère de plus en plus le passage du nord-ouest pour la navigation. « La glace joue un rôle important pour son habitat et influence sa migration saisonnière », note-t-elle.

Les bateaux vont donc se retrouver de plus en plus souvent sur la route des narvals. Cela risque de multiplier les collisions entre narvals et navires, mais aussi de perturber l’environnement sonore essentiel à la survie des licornes des mers.

Pour en savoir plus

Le projet de Marianne Marcoux


Isabelle Burgun

]]>
<![CDATA[Le monde vivant à l'oeil]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Mon, 30 Nov 2009 L’Université de Montréal inaugurera son Centre sur la biodiversité l’automne prochain, en 2010, Année internationale de la biodiversité. Cette nouvelle pousse du Jardin botanique vise à accélérer la découverte de nouvelles espèces et à élargir notre vision de la diversité du monde vivant.

Plus qu’un centre de recherche, cette nouvelle institution accordera aussi une large part à l’éducation du public. Une première exposition y présentera d’ailleurs les grands enjeux liés à la biodiversité et lèvera le voile sur les activités de recherche se déroulant dans le centre.

« Nous nous inspirons du Darwin Centre de Londres. Nous désirons établir une forte connexion entre les chercheurs et les visiteurs », explique Gilles Vincent, directeur du Jardin botanique de Montréal, une institution partenaire du projet. D'ores et déjà, il affirme que la biodiversité n’y sera pas traitée de manière alarmiste. « Il ne faut pas déprimer le monde avec ça, soutient-il. Cela stresse beaucoup les jeunes de savoir que les espèces disparaissent. »


Un monde à préserver

Issu d’une collaboration avec le Jardin botanique et l’Insectarium de Montréal, le nouveau Centre sur la biodiversité s’inscrit aussi dans le prolongement des activités de recherche de l’Institut de recherche en biologie végétale (IRBV) de l’Université de Montréal. On aura donc à cœur le partage des ressources, savoirs et expertises et le transfert de connaissances entre les chercheurs.

Ce centre visera en premier lieu la conservation et la valorisation de riches collections de champignons, de plantes et d’insectes, soit plus de 2 millions de spécimens. Les espèces de champignons microscopiques s’avèrent ainsi particulièrement méconnues. « Il faut pouvoir les découvrir et les caractériser avant qu’ils ne disparaissent. Pour les nombreuses applications à venir, il faut les préserver et déterminer leur importance en matière de santé environnementale », relève Anne Bruneau, professeure et chercheuse à l’IRBV et instigatrice principale de la nouvelle institution.

Le Centre sur la biodiversité sera aussi doté de technologies de pointe — des instruments biologiques moléculaires robotisés, par exemple — et d’un effectif de 50 personnes, des chercheurs et du personnel de recherche.

Une première initiative à germer de terre : Canadensys, un vaste réseau de bases de données rassemblant les collections biologiques de 11 universités, six jardins botaniques et deux musées canadiens. Bâtie d’après le modèle de la Global Biodiversity Information Facility, un portail de données sur la biodiversité mondiale, « cette cyberinfrastructure permettra de consulter électroniquement les informations disponibles sur les spécimens des différentes collections d’un bout à l’autre de la planète tout en évitant les manipulations inutiles », explique la chercheuse.

Soutenu par la Fondation canadienne pour l’Innovation, le gouvernement québécois et la municipalité de Montréal et un donateur privé, ce nouveau rameau du Jardin botanique de Montréal aura coûté près de 24 millions $.

Liens

Centre sur la biodiversité

Canadensys

Isabelle Burgun

]]>
<![CDATA[Prix du Québec 2009 en sciences]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Wed, 4 Nov 2009 Cinq profils différents, cinq têtes pensantes en ébullition, cinq CV garnis à l'extrême : les prix du Québec dans le domaine scientifique ont été décernés à une poignée de chercheurs qui ne brillent pas toujours sous les projecteurs, mais dont le champ d'enquête s'étend des fraisiers aux cieux étoilés. Portraits.

Vous aimez déguster des fraises fraîches de juin à septembre? Eh bien, vous devriez remercier André Gosselin, qui a emporté le prix dans la catégorie recherche et développement industriel. Horticulteur et professeur à l'Université Laval, il a mis au point une série de techniques pour que les maraîchers s'affranchissent des conditions climatiques contraignantes du Québec. Dans son panier, on trouve de nombreux coups de pouce d'innovation aux agriculteurs. « Deux semaines par année pour manger des fraises, quand j'étais petit, c'était trop court, plaisante-t-il. J'ai importé de nouvelles solutions génétiques depuis les États-Unis. »

Du côté des sciences biomédicales, le docteur Otto Kuchel, à l'origine de divers traitements ayant fait leurs preuves, rafle la distinction. Il a résolu bien des énigmes en défrichant les mécanismes de l'hypertension dont il est l'un des meilleurs spécialistes. Parmi ses nombreuses découvertes, il cite celle du « rôle d'une substance essentielle pour la régulation d'équilibre homéostatique de l'homme et dont le défaut ou l'excès peut signifier la présence d'une maladie connue ». M. Otto parle sept langues. Qui dit mieux? Gilles Bibeau. L'anthropologue, désigné dans la catégorie sciences humaines, en maîtrise neuf. Au vu des ses réalisations tentaculaires, cela n'a rien d'étonnant : versé autant dans la médecine traditionnelle africaine que dans la génétique ou les gangs de rue, il a aussi mis sur pied une unité de pédiatrie interculturelle. Parmi ses multiples recherches actuelles, il cite « le problème de civilisation posé par les épidémies liées aux déséquilibres introduits par l'homme dans la nature. » Plus que jamais d'actualité.

L'astrophysicienne Victoria Kaspi est née sous une bonne étoile. Après avoir observé durant cinq longues années des pulsars et magnétars – des types d'étoiles à neutrons –, elle en comprend soudainement le mécanisme « un jour, par chance », raconte-t-elle. « Il y a eu une explosion au moment même où nous observions l'étoile. Cela arrive une fois tous les dix ou vingt ans. » Cette chercheuse de l'Université McGill a également découvert une étoile de 10 km de diamètre, tournant sur son axe 716 fois par seconde, du jamais vu!

Enfin, le mathématicien et physicien Luc Vinet s'est distingué pour son habileté à bâtir autre chose que des équations. Il a coulé les fondations du réseau national de centres d'excellence en mathématiques et du réseau québécois de calcul de haute performance. Mais à son actif, on trouve aussi la pose des premières pierres de l'École de santé publique, du Centre de la biodiversité au Jardin botanique et de la Cité du savoir à Laval.

Les lauréats scientifiques ont reçu la plus haute distinction du gouvernement provincial des mains de la ministre Christine St-Pierre, suppléante de Clément Gignac, ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation. Une cérémonie officielle est prévue à Québec le 3 novembre, date à partir de laquelle des entrevues avec chacun des candidats seront diffusées sur le web à l'adresse www.prixduquebec.gouv.qc.ca


Sylvain Sarrazin

]]>
<![CDATA[Vaccination contre le A(H1N1) - Tous pour un ou un pour tous?]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Sun, 25 Oct 2009 (Agence Science-Presse) - Être ou ne pas être vacciné, la question est urgente, à l’arrivée lundi des premières doses. Et si une personne refusait la vaccination, pose-t-elle un danger pour les autres? Alors que le tiers seulement des Québécois pensent se faire vacciner, est-ce une responsabilité individuelle ou collective? Deux spécialistes se prononcent.

La vaccination : une responsabilité collective

Faites-vous vacciner, S.V.P.! Le titre coiffait la lettre du Dr Claude Rivard, médecin et chef de service des soins intensifs au CSSS Pierre-Boucher, à Longueuil. Celle-ci a été publiée jeudi dernier dans La Presse, et ressemble à un cri du cœur.

Le spécialiste y raconte la mort d’une jeune patiente infectée par la grippe A (H1N1), au début de la pandémie. Pour lui, la vaccination est un devoir de protection pour lui-même, sa famille et ses patients. « J’entre en contact à tous les jours avec des gens malades. Pour moi, refuser la vaccination s’apparente à une faute professionnelle grave! »

La pandémie se situe aujourd’hui à un niveau incontrôlé, ajoute-t-il. Le seul moyen efficace d’y faire face reste la vaccination, selon lui. Une personne qui la refuse est libre de le faire. « Mais comme il existe un traitement, que le virus n’a pas encore muté vers une forme plus virulente, qu’on sait qu’il va y avoir des décès, le refus de la vaccination m’apparaît complètement irresponsable au plan social. »

La vaccination : une responsabilité individuelle

« Premièrement, pourquoi faut-il être tenu individuellement responsable de se faire vacciner contre la grippe A (H1N1), jugée à ce stade-ci comme étant bénigne, et d’être exonéré de la responsabilité concernant la grippe saisonnière, qui tue 100 fois, voire 1000 fois plus de gens? »

Marc Zaffran ne nie pas la responsabilité sociale du gouvernement envers la crise. Il lui reconnaît au contraire le devoir de proposer le vaccin à l’ensemble de la population. Et surtout celui de l’informer des avantages économiques et sanitaires de le recevoir. « Mais je conteste l’idée qu’il faille vacciner tout le monde pour protéger les gens à risque, lance-t-il, alors qu’on ne le fait pas pour la grippe saisonnière, beaucoup plus virulente. »

Pour l’instant, les statistiques lui donnent raison. Le nombre de décès liés à la grippe A (H1N1) atteignait 4735 personnes le 11 octobre dernier, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Alors que la mortalité associée à la grippe saisonnière est évaluée de 250 000 à 500 000 personnes annuellement, explique Marc Zaffran.

Un seul consensus

Tous deux s’entendent par contre sur une chose : la vaccination contre le A(H1N1) est prioritaire pour les gens à risque (femmes enceintes et enfants de six ans et moins).

Le Dr Marc Zaffran est l’un des deux participants du débat Grippe A(H1N1) – Être ou ne pas être vacciné? organisé au Cœur des sciences de l’UQAM, ce mercredi 21 octobre, à 19 h. Il fera face à Karl Weiss, professeur de clinique, microbiologie et immunologie à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont.


Danny Raymond

]]>
<![CDATA[Pour gagner un Nobel, devenez Américain!]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Mon, 12 Oct 2009 (Agence Science-Presse) – L’Université McGill de Montréal a pu se vanter cette semaine de compter deux Nobel parmi ses anciens étudiants. Mais tous les deux ont préféré aller ensuite aux États-Unis, et ils détiennent aujourd’hui la citoyenneté américaine. Comme s’il avait voulu enfoncer le clou dans cette plaie, un quotidien de Californie titre « Les Nobel nous rappellent pourquoi l’immigration est importante ».

Jack Szotka, co-gagnant du Nobel de médecine pour son travail sur les télomères, est un Britannique qui a grandi au Canada, a commencé ses études universitaires à McGill au début des années 1970 mais les a achevées à l’Université Cornell, dans l’État de New York. Il est aujourd’hui attaché à l’Université Harvard, et possède la double nationalité, britannique et américaine.

Quant à Willard Boyle, co-gagnant du Nobel de physique, il est né en Nouvelle-Ecosse, a grandi au Québec et a fait toutes ses études universitaires à McGill jusqu’en 1950. Trois ans plus tard, il joint les Laboratoires Bell, au New Jersey, où il deviendra un expert mondial du laser. Il possède la double nationalité, canadienne et américaine.

Il y a même un troisième Nobel qui possède un lien avec le Québec: Vekatraman Ramakrishnan, 57 ans, co-gagnant du Nobel de chimie, est un Américain d’origine indienne. Son père a fait son doctorat à l’Université McGill au début des années 1950. Ses parents, « répondant à l’appel du pays », sont ensuite rentrés en Inde, raconte le Telegraph de Calcutta.

En soi, ces parcours sont des illustrations de la « mondialisation de la science » dans ce qu’elle a de mieux. En autant, toutefois, que ces scientifiques aient la liberté pour mener des recherches qui leur tiennent à coeur, et c’est le clou —un autre— qu’a enfoncé Willard Boyle, en entrevue mercredi au Globe and Mail de Toronto : les gestionnaires, dit-il, devraient donner assez de jeu aux scientifiques pour que ceux-ci puissent accoucher de découvertes originales. Croyez-vous, ironise-t-il, « que nous avions un plan d’affaires en tête » lorsque nous avons travaillé sur cette théorie sur la reconstitution des signaux lumineux —théorie à laquelle on doit, aujourd’hui, la photographie numérique? « Nous n’avions pas le temps pour ce genre de balivernes. »

Des groupes canadiens qui s’inquiètent de l’indépendance des chercheurs face à des financements qu’ils jugent de plus en plus contrôlants, ont saisi la balle au vol. « Où sont les futurs Laboratoires Bell », demande Arvind Gupta, de l’Université de Colombie-Britannique, en référence à ce lieu où Williard Boyle a travaillé jusqu’à sa retraite en 1979.

N’empêche qu’aux États-Unis aussi, on semble se poser des questions, à en juger par l’article du quotidien de Californie mentionné plus haut —le San Jose Mercury News, dans la Silicon Valley. « Pour mener les recherches et les découvertes dont nous avons besoin, nous sommes de plus en plus dépendants des cerveaux d’outre-mer qui migrent ici ».

La prime que recevra avec son Nobel la Californienne d’adoption Elizabeth Blackburn —Australienne d’origine— compensera... pour la réduction de 5% de sa paye que vient de lui imposer une Californie profondément endettée. Symbole, croit le chroniqueur, que « l’avantage compétitif » des États-Unis est en train de leur glisser entre les doigts.

Mais pas nécessairement face au Canada... « Ce n’est pas par accident, commente The Gazette en éditorial, que nos scientifiques s’en vont au Sud trouver l’appui et la liberté pour faire de la vraie recherche. Autant nous voudrions proclamer que ces Nobel [canadiens] sont nôtres, autant il est loin d’être clair qu’ils auraient pu réussir en-dehors des États-Unis. »


Pascal Lapointe

]]>
<![CDATA[Avez-vous peur de la grippe A (H1N1)?]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Mon, 28 Sep 2009 Après le bioterrorisme, la grippe aviaire et le SRAS, c’est au tour de la grippe A (H1N1) de faire peur. Cette nouvelle menace fait toutes les manchettes. Un flot d’informations qui génère beaucoup d’angoisse. « Quoi que l’on fasse pour informer, cela n’ira pas », affirme Dominique Leglu, directrice de la rédaction du magazine Sciences et Avenir.

Les informations scientifiques à caractère anxiogène peuvent être de véritables bombes à retardement. C’est d’ailleurs là le sujet de sa conférence H1N1, bioterrorisme : les contradictions de l’information, présentée le 24 septembre prochain au Cœur des sciences de l’UQÀM.

Si le journaliste adopte un langage laconique et un ton modéré, les lecteurs l’accusent de cacher quelque chose, explique-t-elle. S’il devient lyrique, il risque d’entraîner une véritable paranoïa. Trop ou pas assez, il n’est pas facile d’informer en cas de crise.

De fait, il existe un décalage entre le potentiel de dangerosité et le sentiment de danger réel vécu par la population. « Nous avons perdu le souvenir des grandes maladies infectieuses. L’épidémie de sida est déjà presque oubliée et celle du choléra en Bolivie se déroulait trop loin pour nous toucher. Nous avons la mémoire courte. En France, tous les albums de famille recèlent la photo d’un oncle ou d’une cousine décédée de la grippe de 1918 », rappelle Mme Leglu.

La pandémie actuelle n’est cependant pas comparable à celle de la grippe espagnole du point de vue de la mortalité. Mais à l’ère des chaînes d’information en continu et d’Internet, les nouvelles se transmettent plus rapidement que la maladie elle-même.

Informer en cas de crise

Alors, comment en parler? « Dans notre magazine, nous avons choisi la voie de la promotion de la vaccination. Nous sommes condamnés à nous positionner bien que la vaccination reste un sujet délicat en France », note-t-elle.

Alors que le vaccin contre la grippe porcine vient à peine d’être mis au point, le magazine suivra la campagne de vaccination et les recherches qui s’opèreront sur le terrain. Le choix principal a été fait afin de prendre du recul face à la panique ambiante.

En effet, il est généralement difficile de juguler une situation de crise par les connaissances. « Il y a toute une dimension affective incontrôlable. Lorsque le savoir ne suffit plus, les médias font écran. C’est alors la place de la médiation directe : un médecin, une infirmière, une “vraie” personne qui sera capable de vaincre les croyances et diminuer l’angoisse. »

Il importe alors, selon elle, que les journalistes spécialisés sortent de leur bulle et utilisent leur « boîte à outils ». Les journalistes scientifiques ne devront plus rester en circuit fermé, mais s’intéresser aux opinions et croyances de leurs confrères, de leurs voisins ou de leur famille. Ils devront également choisir de bons experts capables d’être limpides et de rassurer.

Le tout avec une écriture sobre, un ton modéré et une grande clarté. C’est là que la relecture des articles prend tout son sens. « En cas de crise, elle devient très importante. Il nous faut être vigilants face à tout ce qui est susceptible de choquer. Un grand respect des individus est obligatoire », tranche Mme Leglu.

Et si cela ne suffit pas... L’équipe de rédaction concoctera un numéro spécial où historiens, psychologues et autres experts en dehors de la sphère médicale seront conviés à apporter un regard extérieur sur l’épidémie et l’explosion de panique.

Sans compter Internet : un appel aux questions des lecteurs figurera d’ailleurs bientôt sur le site du magazine. « Nous voulons répondre à tous ceux qui se sentent perdus. »

Pour en savoir plus

H1N1, bioterrorisme : les contradictions de l’information, une conférence de Dominique Leglu présentée le 24 septembre à l'amphithéâtre du Cœur des sciences de l’UQÀM

Les pires épidémies depuis 1918

Isabelle Burgun

]]>
<![CDATA[Leçon d’anatomie]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Wed, 16 Sep 2009 « Monsieur Dupont, c’est avec reconnaissance que nous vous faisons parvenir une carte de don de corps, accompagnée d’un dépliant explicatif. […] Veuillez prendre note que votre corps ne pourra être exposé dans un salon funéraire, car l’institution ira le chercher dans les 24 à 48 heures suivant votre décès. »

Dans le dépliant accompagnant cette lettre, envoyée par l’Agence de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale, qui gère le service de don de corps à la science, on m’explique que mon corps, pour être accepté, doit satisfaire à certaines conditions précises: ne pas avoir été embaumé ou autopsié; ne pas avoir été déformé par la maladie; ne pas être celui d’une personne brûlée ou décédée d’une maladie infectieuse. J’apprends aussi qu’après son séjour en faculté, ma dépouille sera inhumée dans un cimetière, sans aucuns frais pour mes proches, ceux-ci ayant même droit à une cérémonie organisée par l’université, en l’honneur des familles des donneurs!

Ne me reste plus qu’à signer et à faire contresigner par deux témoins cette petite carte blanche et plastifiée qui atteste dès lors ma dernière volonté.

Cadavre « frais » ou « fixé »?

« C’est peut-être rare qu’on aille jusqu’à vous demander cela, Dr Désaulniers, mais est-il possible de connaître assez précisément les utilités pédagogiques qu’aura mon corps lorsqu’il se retrouvera entre les mains des jeunes médecins? » Chirurgien de formation et directeur de la division d’anatomie au département de chirurgie de la Faculté de médecine de l’Université Laval, M. Désaulniers a « vu neiger » et même beaucoup, puisque ses premières démonstrations sur cadavres, devant des étudiants, remontent déjà à plus de 20 ans. Il coordonne aujourd’hui la formation des jeunes médecins.

« On garde au laboratoire d’anatomie deux types de corps », dit-il. Le cadavre « frais » et le cadavre « fixé », chacun ayant des vertus pédagogiques différentes.

Le cadavre « fixé » est celui étant parvenu à la faculté dans les normes, c’est-à-dire sans aucune des détériorations biologiques qui disqualifient souvent les corps qu’on a tardé à réfrigérer au moment du décès. Dès son arrivée, le corps fait l’objet d’un processus d’embaumement spécial appelé « imbibition ». Pendant trois à cinq mois, les chairs sont plongées dans le formol et le glycérol, deux substances de conservation qui « fixeront » les tissus, c’est-à-dire qui en retarderont la décomposition durant une période pouvant aller jusqu’à cinq ans. « Cette période correspond d’ailleurs au temps maximal d’utilisation des corps par la faculté, la moyenne étant de trois ans », précise le chirurgien. C’est dans cette longue durée de « vie utile » que réside l’immense avantage des cadavres « fixés » par rapport aux cadavres « frais ».

Ceux-ci ayant été plus ou moins altérés, ils sont congelés dès leur arrivée à la faculté pour n’être ensuite décongelés – et utilisés – qu’une seule fois. « Ce qui qualifie cependant le cadavre “frais” aux yeux des formateurs et des étudiants, c’est qu’il donne au bout des doigts, un senti, une réaction physiologique se rapprochant assez d’un patient vivant. »

Le tableau de Rembrandt

Et à quel moment de leur formation les apprentis médecins touchent-ils à leur premier cadavre?

« Les étudiants accèdent graduellement aux corps », m’explique le scientifique. En première et en deuxième années, ils assistent, devant des chirurgiens-démonstrateurs, à des séances de dissection, en petits groupes de 8 à 10. « Et si vous me le demandez, je vous dirai que oui cette étape ressemble encore au fameux tableau “Leçon d'anatomie du docteur Tulp” de Rembrandt, qui traduisait si bien ce qui se passait dans les laboratoires du 17e siècle à l'Université de Paris ou de Bologne », raconte le chirurgien.

Ultime exercice de vulgarisation

« Vous me demandiez tantôt les utilités qu’aura votre corps? Eh bien, on peut estimer que chaque corps donné à la médecine aura été vu par 1 500 étudiants au moins. Et si chaque jeune praticien a bien pris soin de remettre en l’état les tissus après chaque séance (entre chaque utilisation, les corps retournent à leur bain de formol), chaque corps pourrait avoir servi, au total, plus de 100 fois. »

Bon… me voilà renseigné. Maintenant, faisons le compte : j’ai aujourd’hui 49 ans. Si j’atteins l’âge que me réserve mon espérance de vie et si mes proches respectent bien mes dernières volontés, bref si tout se passe bien, mon corps deviendra disponible pour sa première leçon d’anatomie dans plus ou moins 30 ans.

Choisir de donner mon corps comme vecteur d’apprentissage aux futurs médecins est, en quelque sorte, pour moi — et c’est ce qui m’a inspiré depuis le début — une opportunité magnifique de témoigner de ma reconnaissance aux nombreux médecins et scientifiques qui, durant toute ma carrière de journaliste, m’ont offert si généreusement temps, explications et patience. Et c’est aussi pour moi — pourquoi pas? — un ultime exercice de vulgarisation scientifique.

Pour en savoir plus — Le don de corps à la science

Selon M. Denis Borgia, responsable jusqu’en 2008 du service de don de corps au gouvernement du Québec, 511 dossiers de personnes décédées (qui avaient fait don de leur corps), furent traités en 2007. De ce nombre, 209 ont vu leur dépouille acceptée par les Facultés de médecine de la province.

On peut demander sa carte de don de corps, en remplissant, en ligne, le formulaire gouvernemental.

Pour plus d’informations, visitez le site Santé et Services sociaux du gouvernement du Québec.


Dossier vécu et préparé par Luc Dupont

]]>
<![CDATA[Le vent nouveau des biographies]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Sun, 6 Sep 2009 Il y a celles de Michael Jackson, de Céline Dion ou de Guy Mauffette. Les biographies ont le vent en poupe. Elles se retrouvent souvent au palmarès des librairies. Car les Québécois les adorent!

Robert Dion aussi. Depuis 25 ans, cet aficionado du portrait littéraire arpente les vies des grands auteurs. Il se passionne surtout pour les « nouvelles biographies ». Pas les « journalistiques à l’américaine ». Les biographies écrites plutôt par un écrivain sur un autre écrivain, comme une œuvre littéraire.

Ce professeur du département d’études littéraires de l’UQAM a écrit d’ailleurs un essai sur le sujet. Écrire l'écrivain. Formes contemporaines de la biographie d'écrivain est un recueil — à paraître à l’automne – retraçant les postures du biographe, c’est-à-dire le positionnement de l’auteur par rapport à l’écrivain biographé.

L’imagination à l’œuvre

Ce qui différencie une autobiographie « classique » de ce nouveau courant, c’est la place donnée à l’imaginaire. Ce que l’auteur ignore, il l’invente et le transcende, lui permet d’ouvrir la porte au fantasme. Il cite Victor Lévy-Beaulieu, un auteur québécois prolifique à qui on doit des essais sur Victor Hugo, Jack Kérouac ou encore James Joyce.

Si les écrivains célèbres s’avèrent « surbiographiés », la vie d’inconnus trouve bon nombre de lecteurs. Ces anonymes à l’autre bout de la planète ou de l’autre côté de notre mur de cuisine. Ce que l’écrivain français Pierre Michon appelait les Vies minuscules – titre de son roman — qui deviennent alors une manière intéressante de revisiter la tradition littéraire. « Une manière de repenser à neuf la relation entre l’écrivain et la littérature », soutient le professeur.

Les biographies se font aussi leur cinéma (Sade, Beaumarchais, etc.) et montent même sur les planches du théâtre. Les « cabarets biodégradables » du Festival Juste pour rire forment un bel exemple de ce nouveau genre. De jeunes comédiens lisent des extraits de biographies devant public en présentant les passages les plus naïfs, les plus loufoques... Une façon de porter un regard moderne sur les icônes d’hier. Et même d’en rire!

Quelques suggestions de lecture

Vies imaginaires de Marcel Schwob — « Le classique absolu », dixit Robert Dion.

Rimbaud le fils de l'écrivain français Pierre Michon.

Monsieur Melville de Victor Lévy-Beaulieu (trois volumes illustrés, Éditions Trois-Pistoles)

Glenn Gould piano solo et Morts imaginaires de Michel Schneider

Les éblouissements de Pierre Mertens.

Isabelle Burgun

]]>
<![CDATA[La science-fiction entre dragon et Nobel]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Tue, 18 Aug 2009 (Agence Science-Presse) - Vous savez que vous n’êtes pas dans un congrès international ordinaire lorsque les directives pour l’inscription précisent que vous pouvez inscrire votre robot ou votre dragon. Mais parallèlement, la présence parmi les conférenciers du Nobel d’économie Paul Krugman rappelle à ceux qui auraient l’audace d’en douter, que la science-fiction, c’est du sérieux.


Après tout, c’est la psycho-histoire —cette « science » qui, dans l’imaginaire d’Asimov, était capable de prédire le futur— qui a jadis donné à Paul Krugman l’envie de devenir économiste. Ne serait-ce que pour ça, la science-fiction pourrait se vanter d’avoir réussi un bon coup.

Un bien meilleur coup que les économistes eux-mêmes, dont les talents pour prédire le futur n’ont vraiment pas été terribles... « En économie, on bâtit des modèles », a expliqué le Nobel vendredi après-midi devant une salle pleine à craquer du Palais des congrès de Montréal. « Ces modèles sont utiles, mais le piège, c’est de croire que la société doit toujours y obéir. »

Ces modèles, poursuit-il, permettent plutôt d’expliquer ce qui s’est passé. Et à partir de là, de spéculer.

Spéculer? Tiens donc. L’économie serait-elle une petite soeur illégitime de la science-fiction? Mais alors, la science, elle? Elle en est encore plus près, mais les scientifiques gagneraient à s’en rendre compte un peu plus souvent. De cela et de bien d’autres choses, selon le physicien Chad Orzel : il fait partie de cette race de scientifiques qui, plutôt que de reprocher au public et aux politiciens leur désintérêt pour la science, jette le blâme sur les scientifiques eux-mêmes. Il faut qu’ils sortent de leur bulle et qu’ils communiquent, et à l’heure des blogues, des nombreux best-sellers qu’a inspiré The Physics of Star Trek ou de téléséries comme The Big Bang Theory, ce ne sont pas les opportunités qui manquent, a-t-il dit à un public —gagné d’avance— dans le cadre d’un parmi plusieurs centaines d’ateliers du 67e Congrès mondial de science-fiction, qui avait lieu en fin de semaine à Montréal.

Mais est-on encore dans un congrès de science-fiction quand un scientifique recommande aux autres scientifiques de mieux vulgariser? Quand un panel tente d’explorer « la pathologie des négationnistes du réchauffement climatique », quand un autre philosophe sur « postmodernité, posthumanité » ou quand un petit groupe s’instruit sur le processus de révision par les pairs? De toute évidence, les auteurs de science-fiction ont intérêt à insuffler du réalisme —encore plus— dans leurs histoires... parce qu’il n’y avait pas seulement des auteurs parmi le public de ces ateliers : plusieurs de leurs fans, parmi les quelque 3000 présents, se tiennent à jour, eux, sur la science.

Y compris ceux qui viennent avec leur robot ou leur dragon.

À lire aussi

La science-fiction à l’école?

Une couverture au jour le jour du congrès Anticipation

Le site du congrès Anticipation

Pascal Lapointe

]]>
<![CDATA[Nausées de grossesse extrêmes]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Wed, 5 Aug 2009 Près de 80 % des femmes enceintes connaissent des nausées et des vomissements dans le premier trimestre de leur grossesse. Pour 1 % des futures mamans, ces malaises intenses peuvent même les conduire à l’urgence où elles seront hospitalisées.

« On parle alors d’hyperémèse, de nausées et de vomissements excessifs. La future maman a cessé de s’alimenter durant plusieurs jours et accuse une perte de poids », explique la chercheuse Anick Bérard, du CHU Sainte-Justine.

Les femmes enceintes qui souffrent d’hyperémèse peuvent ainsi perdre jusqu’à 5 % de leur poids initial. Cela nécessite généralement quelques jours d’hospitalisation et un traitement à base d’antiémétiques tout au long de la grossesse.

Le métoclopramide s’avèrerait bien meilleur que les antivomitifs pour diminuer plus rapidement la sévérité des vomissements. Cette molécule a été récemment introduite au CHU Sainte-Justine suite à l’alerte de Santé Canada sur le dropéridol susceptible d’accroître les risques cardiovasculaires.

Les résultats de cette récente étude auprès de 229 femmes souffrant d’hyperémèse, pilotée par la titulaire de la Chaire pharmaceutique famille Louis-Boivin — Médicaments, Grossesse et Allaitement, ont été publiés dans le European Journal of Obstetrics and Gynecology and Reproductive Biology.

Pas à la légère

Car il y a nausées et... nausées extrêmes. Si elles constituent une manifestation « normale » liée au débalancement hormonal du début de la grossesse, elles ne doivent pas empêcher la future maman de s’alimenter.

Lorsqu’un simple verre d’eau suffit à faire vomir et que l’alimentation représente une épreuve insurmontable, il ne faut pas hésiter à consulter. « Les femmes consultent de plus en plus tôt, c’est encourageant. Si l’hyperémèse s’installe, cela peut être plus long et difficile », rappelle la chercheuse qui évalue le seuil critique à seulement deux jours sans alimentation.

Les étourdissements, la déshydratation et les crises de vomissements à répétition constituent les symptômes avant-coureurs. Si on ne décède plus d’hyperémèse, comme il y a 100 ans, ne plus s’alimenter peut nuire au bébé en plein développement.

Certains gestes peuvent aider — prendre de petites portions, consommer du gingembre, réduire les fritures ou le café — et peuvent apporter un certain bénéfice. Mais lorsque la femme enceinte souffre de nausées et de vomissements intenses, la médication s’avère incontournable.

Contrairement à l’idée reçue, la prise de médicaments n’est pas rare chez les femmes enceintes. Plus de 50 % seraient sous médication, principalement sous antidépresseurs.

Au cours de la grossesse, la femme enceinte doit avoir une bonne prise de poids – 35 livres en moyenne — pour que l’embryon se développe bien. On sait maintenant qu’un enfant en santé demande une maman en santé.

« Les premiers mois qui suivent la naissance nécessitent d’une énergie monstre. Il n’y a pas de recette miracle, la future maman doit bien s’alimenter », tranche la chercheuse. Et pour cela, d’abord arrêter de vomir...

Note : Les indications de prise de poids ont été récemment modifiées. Elles se basent sur le poids de départ de la future mère et varient entre 15 livres (femme obèse) et 45 livres (femme maigre).

Attention aux antidépresseurs

La prise d’antidépresseurs devrait toujours être réfléchie. « Il faut étudier la situation à la pièce. Nous avons des données probantes que les antidépresseurs augmentent les risques de fausse-couche, de malformation et de bébés au petit poids », tranche la chercheuse. Environ 14 % des femmes en prendraient durant leur grossesse. Ainsi le Paxil, l’un des plus utilisés n’est pas du tout recommandé chez les femmes enceintes. Pas question toutefois d’arrêter toute médication lorsqu’on attend un bébé, mais il faut établir le ratio risque/bénéfice lié à la prise de ces puissants médicaments.

Isabelle Burgun

]]>
<![CDATA[Au cœur des médicaments]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Wed, 5 Aug 2009 De minuscules vers grouillent sur une plaque de verre, puis se déplacent dans de petits labyrinthes construits sur mesure pour eux. Grâce à ce dispositif, il sera désormais possible de tester de nouveaux médicaments sur des organismes atteints de maladies dégénératives comme la dystrophie musculaire de Duchenne ou l’Alzheimer.

« Comme on connaît le génome de ces organismes, nous avons à notre disposition des milliers de cobayes pour évaluer l’efficacité de certaines molécules sur la progression de ces maladies », explique Sarah Jenna, directrice de la Némathèque.

Mise à la disposition des chercheurs, cette banque de lignées de nématodes – la seule du genre au pays – occupe l’espace d’un petit classeur au sein d’un modeste laboratoire de la faculté des sciences de l’UQÀM. Une simple lamelle de verre de deux centimètres de longueur contient une centaine de ces petits organismes.

Cette nouvelle approche de recherche est mise de l’avant par PharmaQÀM, le nouveau centre de recherche de l’UQÀM dédié à la recherche fondamentale en biopharmaceutique, codirigé aussi par la chercheuse.

Trois pôles de recherche en un

Ce centre entend ainsi dynamiser la recherche fondamentale. Réunissant près de 50 chercheurs de douze institutions du Québec, de l’Ontario, de Cuba et de la France, il veut faciliter leurs collaborations.

Pour ce faire, PharmaQÀM mise sur des bibliothèques originales, telle la Némathèque. Il comprend aussi la Cellthèque — une banque de cellules cancéreuses et de bactéries pathogènes — et la Chimiothèque, recelant de nouveaux composés chimiques inédits présentant un potentiel thérapeutique. Il sera doté bientôt d’un équipement de pointe placé sous la gouverne de la biophysicienne et codirectrice, Isabelle Turcotte.

« Ce sont plus que des bibliothèques de molécules. Les “thèques” induisent des collaborations entre chercheurs de différentes disciplines afin de mesurer toutes les interactions de ces composés et d’évaluer leur potentiel pour la recherche pharmaceutique », soutient René Roy, codirecteur également de PharmaQÀM et chimiste médicinal.

Le développement d’un médicament est généralement le fruit de quinze ans de recherche et de millions de dollars. Misant sur la recherche fondamentale académique, PharmaQÀM désire découvrir de nouvelles méthodes efficaces et moins onéreuses pour en développer de nouveaux.

Isabelle Burgun

]]>
<![CDATA[La fin de la vitesse?]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Wed, 8 Jul 2009 Cent ans après le Manifeste du futurisme, déclaration polémique chantant la modernité, peut-on dire que l’accélération de nos sociétés... ralentit? En lançant son exposition La vitesse et ses limites, le Centre canadien d’architecture veut nous faire réfléchir sur la place qu’occupe la vitesse dans notre société.

Depuis quelques années, des mouvements qui célèbrent la lenteur commencent à émerger. Par exemple, le «slowfood » cible la restauration rapide. On voit apparaître parmi les bestsellers des livres qui questionnent notre rapport à la vitesse. Ces manifestations tranchent avec l’accélération constante que notre monde a connue au cours du 20e siècle.

C’est ce paradoxe que l'Américain Jeffrey Schnapp, le commissaire de l’exposition, a voulu explorer. «Une ambivalence persiste même si notre quotidien continue d’accélérer d’une manière qui continue à définir notre identité et notre sens de la communauté».

L’exposition, présentée en collaboration avec la Wolfsonian-Florida International University et «conçue dans une optique plus critique que commémorative», est divisée en cinq pièces, qui ont chacune leur thème: la capture de mouvement, l’efficacité, la construction rapide, le corps et l’esprit, le rythme et le trafic.

M. Schnapp, directeur du Laboratoire des sciences humaines à l’Université Stanford et auteur de plusieurs autres expositions, a choisi ces thèmes pour éviter les icônes habituelles de la modernité. Au lieu de montrer des voitures rapides ou les robots d’une chaîne de montage, le commissaire s’est intéressé à des aspects du sujet qui passent souvent inaperçus, comme l’augmentation de l’efficacité dans les bureaux ou les cuisines occidentales. «Notre environnement a été tellement transformé pour permettre l’accélération de chaque élément de notre existence, que la vitesse est devenue aussi omniprésente qu’invisible», explique-t-il.

Ce qu’on découvre lorsqu’on se promène à travers les pièces, ce sont surtout des archives du 20e siècle qui nous rappellent notre rapport à la vitesse. Par exemple, dans la salle consacrée à la circulation automobile, on peut admirer des études sur les accidents. Notre obsession de la vitesse a un coût. Dans la pièce qui a pour thème l’efficacité, on voit l’évolution de nos cuisines et de nos espaces de travail à travers des photographies prises tout au long du siècle.

Il n’y a pas beaucoup de place pour la science dans La vitesse et ses limites. On y voit surtout des objets qui représentent l’évolution de la vitesse. On aurait pu penser qu’une plus grande place serait consacrée à l’environnement, car notre obsession de la vitesse, en particulier dans les transports, a un effet néfaste sur le futur de notre planète.

En faisant ressortir la vitesse comme mythe de la modernité, les organisateurs veulent marquer ce qu’ils considèrent être le début du déclin de l’ère de la rapidité. Pour Jeffrey Schnapp, la vitesse est en effet en train d’être remplacée comme mythe de la modernité.

Selon lui, le prochain mythe sera celui du développement durable. Le terme «durable», explique-t-il, est entré dans l’univers socio-culturel et n’a pas toujours des bases dans la réalité. Par exemple, les compagnies publicisent souvent leurs produits comme «biologiques» ou «verts», peu importe qu’ils le soient réellement.

Ceci dit, pour M. Schnapp, notre obsession pour la vitesse ne disparaîtra pas... très vite. Il anticipe plutôt un monde où des univers rapides et lents vont se côtoyer pendant longtemps encore.

Pour en savoir plus:

Article de Wikipédia sur le Manifeste du futurisme

La page de Jeffrey Schnapp (Université Stanford)

Expositions au Centre canadien d’architecture

Paul-André Gilbert - (Agence Science-Presse) -

]]>
<![CDATA[Les Canadiens perdent des coureurs]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Wed, 1 Jul 2009
« Il y a une grande disparité entre les groupes socio-économiques. La promotion de l’activité physique devrait mieux cibler les moins nantis. Mais comment les approcher? », s’interroge Tracie A. Barnett du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine. Elle met principalement l’accent sur l’importance du revenu et de l’éducation : moins ils sont élevés et plus le participant a de chance de figurer dans le peloton de queue.

Cette récente étude, dont les résultats ont été publiés dans une récente édition de l’International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity, rapporte que le groupe le plus important s’avère justement être celui des moins actifs avec 56 % de la population. Même si 25 % des Canadiens se disent plus actifs qu’avant, la majorité ne pratique pas le sport nécessaire à une bonne santé physique.

Une situation très semblable à celle de nos voisins américains dont 60 % de la population n’est pas assez active. Établie à partir des données de l’Enquête Condition physique Canada de 1981, de celle sur le mieux-être au Canada de 1988 (enquête Campbell) et de la Physical Activity Longitudinal Study de 2002-2004, cette étude permet d’évaluer le taux d’activité (fréquence, durée et intensité) de près de 900 adultes sur deux décennies.

Si marcher 30 minutes par jour permet de rester en santé, l’Agence de la santé publique du Canada fait aussi la promotion des escaliers, qui consommeraient deux fois plus de calories que la marche. « Toute la population devrait être ciblée, car les études le montrent : nous sommes de plus en plus sédentaires, occupés et dépendants de l’automobile », soutient Tracie A. Barnett.

La chercheuse de l’équipe PRODIGY — Prevention of cardiovascular Risk factors, Obesity and Diabetes: Investigating Genes to society in Youth – pointe aussi certaines barrières moins connues à une activité physique régulière : la sécurité des quartiers moins favorisés, le manque d’éclairage et d’espaces verts et la diminution d’activités spontanées.]]>
<![CDATA[« Le bonheur est dans le pré… » ]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Wed, 29 Apr 2009 Avec ses deux quartiers verts prévus pour 2010, Montréal fait figure de ville presque verte. Pistes cyclables, protection et mise en valeur des milieux naturels font partie désormais des priorités de la Ville. Si le principe de conservation de la nature en ville est acquis, une étude suisse menée sur 3 ans nous révèle les critères d’aménagement et d’entretien des espaces verts qui favorisent à la fois le bien-être de la population et la biodiversité en ville.

« L’idée que les villes sont pauvres en biodiversité est un mythe; le nombre d’espèces animales que nous avons répertoriées en ville est comparable à celui des écosystèmes à la campagne. Certes, nous n’y trouvons pas la même biomasse, mais la biodiversité y est semblable », annonce d’emblée Marco Moretti, chercheur suisse en écologie et chef d’un groupe de recherche de l’Institut Fédéral de Recherche WSL à Bellinzona. Actuellement chercheur invité au laboratoire d’écologie numérique du professeur Pierre Legendre de l’Université de Montréal, Marco Moretti a supervisé une étude transdisciplinaire sur la biodiversité dans 3 villes suisses — Zurich, Lugano et Lucerne — dans le cadre d’un programme national de recherche sur le développement durable de l’environnement construit.

Sociologie versus écologie

Élément original, l’étude a été menée en synergie sur deux fronts à priori éloignés, la sociologie et l’écologie. « Pour déterminer les critères d’aménagement des espaces verts qui favorisent à la fois le bien-être de la population et la biodiversité urbaine, nous avons d’une part enquêté pour définir les besoins de la population en matière de nature urbaine – comprendre leurs craintes, leurs besoins, leurs attentes, etc. — et nous avons analysé d’autre part la biodiversité urbaine à travers 3 groupes d’animaux : les insectes, les oiseaux et les chauves-souris », explique le chercheur. Contre toute attente, il ressort du volet sociologique que l’espèce la mieux corrélée avec la biodiversité totale et en même temps, la plus à même de satisfaire les attentes des citoyens, est un oiseau coloré et autochtone : le pic épeiche.

La savane urbaine

« Grâce à cette espèce bioindicatrice et charismatique, nous avons déterminé les critères d’épanouissement des niches écologiques corrélées à la présence du pic épeiche en ville et nous avons abouti au scénario optimal d’aménagement des espaces verts ; il s’agit d’une sorte de savane clairsemée d’arbres et de plantes indigènes, à l’herbe pas trop rase, facile d’accès et reliée par un réseau d’allées vertes à d’autres zones verdoyantes. »

Adieu les jardins exotiques à la mode de Versailles, la biodiversité et les citadins préfèrent l’hétérogénéité visuelle, la diversité des sols et les plantes bien de chez nous. « Plus besoin de tondre aussi souvent ; avec une bonne planification de l’entretien, tout le monde y gagne ! » conclut-il.

Odile Clerc

]]>
<![CDATA[Le patrimoine caché]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Mon, 20 Apr 2009 Un cadran solaire en ardoise datant du 17e siècle célèbrera à sa manière la Journée internationale des monuments et des sites. Mis à jour par l’école de fouilles du musée archéologique de Pointe-à-Callière et récemment restauré, il sera exposé pour la première fois le 18 avril prochain. Ce cadran solaire, sans doute le premier de Montréal, symbolise parfaitement le lien intrinsèque entre le patrimoine et les sciences.

« Cette journée sera l’occasion de faire le rapprochement entre nos institutions, le Musée Pointe-à-Callière, mais aussi le Jardin botanique ou l’Université de Montréal. Cela permettra de bâtir des ponts entre patrimoine et sciences », relève Dinu Bumbaru, directeur des politiques d’Héritage Montréal et membre de l’International Council on Monuments and Sites (ICOMOS).

Des observatoires astronomiques à la maison de Darwin (Angleterre), en passant par les temples Maya, le patrimoine scientifique mondial s’exposera durant une journée autour de la planète. Lancé il y a 26 ans par l’ICOMOS et reconnu par l’UNESCO, cet événement veut sensibiliser le public aux questions du patrimoine, d’hier à aujourd’hui.

Un chantier à bâtir

Si la science permet de comprendre le monde, elle a également une histoire qui s’incarne dans ses monuments et ses sites propres. Une histoire qui reste encore bien méconnue au Canada. Sur les 1985 lieux historiques canadiens, seulement 65 portent sur la science dont 16 à Montréal.

« Visites de trésors enfouis au sein des laboratoires d’anthropologie ou ceux de pionniers de physique du tournant du siècle, le Québec est riche d’un patrimoine ignoré que l’on aimerait commémorer », insiste M. Bumbaru.

Cette journée et les multiples collaborations qui la sous-tendent pourraient n’être que la première pierre d’un vaste chantier du patrimoine scientifique dont la vocation serait de rendre visible la riche histoire de la culture scientifique cachée sous les pierres. Un guide du patrimoine scientifique de la métropole, mais également de la province, permettrait ainsi de recenser tous les lieux de son histoire scientifique et industrielle.

« Nous allons nous efforcer de bâtir des ponts vers les organismes de culture scientifique. Une initiative modeste, mais qui apporterait un rayonnement à Montréal. Cela permettrait de mieux connaître un aspect encore bien méconnu de la métropole », pense M. Bumbaru.

Montréal en collection

Avec ses 4 500 caisses d’artefacts et près de 9 000 pièces, la collection de référence de la Réserve archéologique de la ville de Montréal illustre une autre facette de la recherche archéologique et historique.

Fait rare, il sera ainsi possible le 18 avril prochain de découvrir une partie de ces richesses. « Nos pièces parlent de plus de 4 000 ans de l’histoire de l’occupation de ce territoire par l’homme », explique François Bélanger, archéologue au bureau du patrimoine, de la toponymie et de l’expertise de la ville de Montréal.

Issue de sites de travaux de rénovation ou de construction, chaque trouvaille nourrit l’histoire de la métropole. Les pipes de plâtre rappellent ainsi la production locale du 19e siècle du quartier pipier situé à entre la rue Papineau et la rue Delorimier.

Collection d’objets usuels d’autrefois, mais aussi de seuils, de corniches, d’écriteaux, de canalisation, cette vaste collection renferme aussi des pièces énigmatiques, comme ce tire-lait trouvé dans des latrines militaires.

Pour en savoir plus

Journée internationale des monuments et des sites

Sur le site d’Héritage Montréal

Isabelle Burgun

]]>
<![CDATA[La stéréophonie a son histoire]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Fri, 17 Apr 2009 Si la plupart d’entre nous seraient bien en peine de donner la signification du mot stéréochimie – « cette branche de la chimie, dit le Grand Robert, qui a pour objet (…) la façon dont les atomes d’une molécule sont disposés dans l’espace » — tout le monde en retour a une petite idée de ce qu’est la stéréophonie, pour en faire l’expérience couramment, les oreilles vissées à son baladeur. La stéréophonie est au son ce que la stéréochimie est aux atomes : une technologie qui permet la mise en relief, la mise en espace des sons.

Ceci et bien d’autres choses étaient au menu de la conférence intitulée « 50 ans de stéréophonie », que prononçait récemment, à la Chapelle historique du Bon-Pasteur à Montréal, le musicien Christian Lewis. L’événement s’inscrivait à l’intérieur d’un autre anniversaire, le 20e, celui-là, de la fondation de la Phonothèque québécoise/Musée du son, un organisme d’études et de recherches voué à la conservation et à la diffusion du patrimoine sonore.

Divisée en trois volets (historique, technique et esthétique), cette conférence ouvrait sur les innovations technologiques, les stratégies commerciales et les résultantes acoustiques liées à l’émergence de la stéréophonie. On découvrait ainsi que l’histoire de cette technologie est passée par le quartier Saint-Henri à Montréal, puisque l’illustre Émile Berliner, l’inventeur même du gramophone, y avait établi une grande usine à la fin du 19e siècle.

On aura appris également que l’arrivée de la radio en 1922 aura eu comme conséquences de faire pression sur les compagnies de disques afin que les enregistrements tendent de plus en plus à cette spatialisation sonore qui est au cœur d’une bonne reproduction musicale. C’est dans ce contexte qu’en 1931, Radio-Canada inaugure d’ailleurs sa radiodiffusion en direct des opéras du Metropolitan Opera de New York, qui se poursuivront à cette antenne jusqu’aux années 2000!

Plus loin, M. Lewis expliquera comment de grands musiciens ou chefs d’orchestre ont influencé le développement et la qualité de la stéréophonie : « Un musicien comme Glenn Gould, après avoir cessé complètement de donner des concerts en public, s’était attitré un ou des ingénieurs sonores dédiés à la seule fin de parfaire le rendu sonore de ses pièces sur disque, dit-il. De même, Herbert Von Karajan a travaillé pendant des années avec le même ingénieur du son, le forçant à repousser toujours plus haut la barre de la qualité de ses enregistrements. »

Pour en savoir plus

Exposition virtuelle sur l’histoire des studios d’enregistrement

Luc Dupont

]]>
<![CDATA[De futurs spécialistes du cerveau]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Tue, 24 Mar 2009 Comment la drogue et le stress affectent-ils notre cerveau? Et comment est-il aussi mené par nos émotions? Ce sont des questions qui éveillent la curiosité. Un concours récent, qui avait lieu à l’Institut neurologique de Montréal, rassemblait des experts... des écoles secondaires.

Ces élèves, chapeautés par plusieurs étudiants diplômés de l’Université McGill, qui agissent comme mentors, représentent peut-être la prochaine génération des neurologues. Ils participaient à Brain Bee, un concours créé en 1996 par le Dr Norbert Myslinski, à l'Université Maryland et la Société de neurosciences américaine, dans le but de diffuser davantage les connaissances sur notre cerveau. Chez nous, la finale régionale avait lieu à l’Institut neurologique de Montréal (INM) le 13 février. Les jeunes se font offrir un document de 60 pages, Brain facts, servant de base aux 480 questions de l’épreuve.

« À travers les portes ouvertes qu’on organise chaque mois de mars à l’occasion de la semaine cerveau en tête, et ce, depuis 1996, je suis vraiment surprise par l’avidité des écoliers à connaître les mystères de cet encéphale enveloppé par notre crâne », déclare Anne-Julie Chabot-Doré, étudiante au doctorat à l’Université McGill.

L’organisateur, David Semonowicz, boursier postdoctoral à l’INM, ajoute : « si le terrain leur était favorable, ils pourraient nous donner un jour des remèdes aux maladies neurologiques, Parkinson, autisme et d’autres troubles liés au dysfonctionnement du cerveau. »

Les 480 questions du concours, ouvert à tous les élèves du secondaire, concernent la mémoire, le sommeil, l’intelligence, l’émotion, la perception, le stress, le vieillissement, l’imagerie cérébrale, la neurologie, les neurotransmetteurs, la génétique et les maladies du cerveau.

La gagnante de la compétition montréalaise de cette année, Sofia Essayan-Perez de l’école The Study, aura la chance de participer au concours canadien, le 30 mai. Le vainqueur national prendra part à l’évènement international, au Maryland, face à des élèves du monde entier, dont l’Inde, l’Australie, l’Égypte et les États-Unis.

Fatiha Chara

]]>
<![CDATA[Un moment galiléen au cœur des sciences]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Tue, 24 Mar 2009 S’intéresser à l’existence de la vie sur d’autres planètes semble beaucoup plus acceptable aujourd’hui que jadis. « Dans l’espace, on trouve tout ce qu’il faut pour fabriquer de la vie », déclarait récemment le chercheur français Dominique Proust, lors d’une conférence intitulée « Où sont les autres ».

« Du carbone, de l’hydrogène, de l’eau et de l’azote », a poursuivi cet ingénieur de recherche au CNRS et astrophysicien à l’observatoire de Meudon.

La passion envers cette quête de vie ailleurs, qui pourrait nous aider à mieux comprendre nos propres origines, était palpable parmi l’audience de cette conférence tenue le 4 février au Cœur des sciences de l’UQAM.

Bien que l’astronomie ait énormément progressé — environ 264 systèmes planétaires ont été recensés depuis plus d’une décennie —, il reste qu’on demeure encore devant une absence totale de preuves de l’existence de la vie sur d’autres planètes.

Le conférencier a néanmoins souligné l’importance des résultats obtenus jusqu’ici. « Les techniques dont on dispose pour explorer l’Univers ont servi en parallèle à trouver des explications à plusieurs phénomènes vécus sur Terre... Dans les fonds marins, où les conditions sont extrêmement dures, les chercheurs ont testé leurs instruments pour la recherche de bactéries inconnues. Ces mêmes techniques, ajoute-t-il, pourraient nous permettre d’expliquer les extinctions biologiques majeures qu’a connues notre planète bleue. »

Et si cette science désormais à part entière qu’on appelle exobiologie n’aboutissait à aucun résultat, après avoir autant semé d’espoirs dans la communauté des chercheurs — et le large public?

Cette question, à laquelle le professeur n’a pas répondu, en a déclenché une série d’autres au sein de l’assistance qui a paru de plus en plus enthousiaste durant le tour d’horizon de cette aventure scientifique.

Le conférencier a plutôt défendu son point de vue en déclarant que sur le chemin de la recherche scientifique, rien ne se perd : tenter de « démonter que la vie existe ailleurs a beaucoup aidé le groupe des chercheurs à l’Observatoire de Paris à étudier d’une manière microscopique les constituants organiques de la vie ».

Partir de données concrètes : par exemple, les comètes. Elles paraissent d’excellentes témoins pour mieux étudier l’univers parce qu’elles apportent avec elles des molécules à l’origine de la vie.

Où sont les autres?… Ici… là-bas… non, plus loin… Une question peut-être encore plus sérieuse, à l’aube de cette Année internationale de l’astronomie.

Fatiha Chara

]]>
<![CDATA[Les papillons au temps des flocons]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Mon, 2 Mar 2009 Comment mettre un brin d’été et de couleur au cœur de l’hiver? C’est à la grande serre du Jardin botanique que ça se passe, avec la 12e édition de Papillons en liberté! Cette année, nous partons à la découverte des papillons des Amériques.

Les chrysalides sont arrivées des fermes d’élevage à papillons de 19 pays, dont la Colombie, le Costa Rica, le Venezuela ou encore le Canada, pour se réveiller dans la douce chaleur de la grande serre. Une belle luminosité, une température enviable de 27 °C, des plantes colorées aux délicieux parfums : voilà l’ambiance idéale pour ces insectes qui se plaisent à déployer leurs ailes pour le plus grand plaisir des petits et grands. Cette visite colorée ressemble à une rêverie d’été en plein cœur de l’hiver.

Ce sont plus de 1500 papillons qui volent gracieusement dans cet environnement, bercés par un air de musique classique, et qui viennent parfois se poser sur les visiteurs. Le secret pour voir un papillon atterrir sur votre épaule : portez du rouge! Pour les observer à sa guise, il suffit de repérer un des plateaux de fruit où les papillons viennent se nourrir. Avec un peu de patience, on peut même repérer des chenilles ou des chrysalides cachées dans les feuilles.

Parmi les 90 espèces présentes, on découvre des spécimens étonnants, dont le magnifique Morpho bleu (Morpho helenor) ou encore le Papillon cobra (Attacus atlas), que l’on peut voir émerger de sa grosse chrysalide dans la grotte aux cocons. Cette année, ce sont les papillons des Amériques qui sont à l’honneur. On peut donc rencontrer des papillons québécois surprenants, dont le plus gros papillon de la province, le Cécropia (Hyalophora cecropia), avec ses ailes pouvant mesurer jusqu’à 17 cm, et le papillon lune (Acticas luna), d’un vert lime éclatant, qui ne vit que 4 à 10 jours.

« Papillons en liberté est une immersion totale dans le monde complexe et fascinant des papillons », affirme Charles-Mathieu Brunelle, directeur des Muséums Nature de Montréal. Les animateurs présents dans la serre répondent à toutes les questions et y vont de révélations toutes plus surprenantes les unes que les autres : « Savez-vous qu’un animal sur dix est un papillon? » « Les Monarques du Québec ont la plus longue migration chez les papillons : plus de 4000 km! »

http://www2.ville.montreal.qc.ca/jardin/propos/papillon.htm
Jusqu’au 26 avril – du mardi au dimanche – 9 h à 17 h


Perrine Poisson
]]>
<![CDATA[Dommages (é)collatéraux]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Mon, 2 Mar 2009 Nous sommes en 146 av. J.-C. Après un siège de plusieurs années, les Romains ont enfin réussi à envahir Carthage. Afin de s’assurer que la ville ne renaisse pas de ses cendres, les vainqueurs salent les sols fertiles autour de la ville.

« On assiste ainsi à une des toutes premières destructions des ressources écologiques à des fins militaires », explique Michel A. Bouchard, une sommité en matière d’évaluation environnementale lors de conflits armés, entamant ainsi la conférence qu’il est récemment venu donner au Cœur des sciences de Montréal.

Près de 2000 ans plus tard, la situation ne s’est pas améliorée. On a qu’à penser à la guerre du Vietnam, durant laquelle les Américains ont déversé des quantités massives d’agent orange sur la jungle dans le but de défolier le couvert végétal afin de débusquer leurs ennemis.

Conseiller au sein de l’ONU, Michel A. Bouchard travaille à minimiser et surtout à prévenir les dommages écologiques générés par les conflits armés en République Démocratique du Congo (RDC).

Le problème est d’autant plus important en RDC que cet État comporte plusieurs parcs nationaux qui abritent une biodiversité remarquable. Ces dernières années, des millions de réfugiés ont trouvé asile dans ces aires protégées et ont été ainsi contraints d’utiliser les ressources environnantes afin de subvenir à leurs besoins (construction d’habitations, nourriture, installation sanitaires), endommageant considérablement la flore et la faune.

En RDC, deux espèces de mammifères ont d’ailleurs particulièrement souffert de ces conflits : les gorilles et les éléphants. Les premiers font office de cibles gratuites, tandis que les seconds sont chassés à outrance pour leur viande.

La solution? Le conférencier préconise l’intelligence environnementale, c'est-à-dire la protection des ressources par les belligérants, en identifiant par exemple clairement les aires à l’intérieur desquelles les troupes n’auraient pas le droit de s’aventurer.

L’application de cette initiative passe par la création de traités internationaux, comme la Convention ENMOD qui porte sur l'interdiction d'utiliser des techniques de modification de l'environnement à des fins militaires ou à toutes autres fins hostiles. Autre mesure mise de l’avant : une surveillance accrue des aires protégées (caméras, satellites, etc.).

En conclusion, Michel A. Bouchard rappelle que la RDC regorge de ressources naturelles (principalement minières) et que c’est en préservant ces dernières qu’on pourra aider sa population une fois le conflit terminé, en redistribuant équitablement les richesses.


David Massé

]]>
<![CDATA[La science peut-elle copiner avec la littérature?]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Wed, 25 Feb 2009 L'histoire de la pomme de Newton est un parfait exemple de ce mariage! En effet, Newton n'a jamais reçu de pomme sur la tête. Par contre, cette métaphore lui a permis de vulgariser au mieux le phénomène d'attraction terrestre.

« Les ponts entre ces deux disciplines ne sont pas seulement possibles, mais souhaitables », annonce Jean-François Chassay, professeur d’études littéraires à l’Université du Québec à Montréal, lors d’une conférence présentée récemment à la Grande Bibliothèque de Montréal.

Puisque les sciences ne sont que peu abordées dans les journaux, et donc rarement associées à la culture générale, ce « ménage » peut semble incongru. Une approche purement dualiste a même tendance à compartimenter les lettres dans le monde de la subjectivité et les sciences dans celui de l'objectivité. « En voici une analyse quelque peu simpliste; cela fait bien longtemps que la science ne fait pas que de la recherche empirique. Une hypothèse est toujours une fiction », affirme le chercheur.

La science est partout. Elle est ancrée dans la société, l'une n'existe pas sans l'autre. Également romancier, essayiste et responsable de Sélectif — un groupe de recherche sur les liens entre science et littérature —, Jean-François Chassay aime rappeler à notre mémoire quelques exemples : un texte utilise formes et métaphores, bon nombre de nos écrivains contemporains ont une formation scientifique (Isaac Asimov, Céline...). Sans oublier deux couples particulièrement célèbres : Charles et Emma Bovary et Charles et Emma Darwin. Rappelons que Charles et Emma Bovary sont un couple célèbre du monde des lettres (« Madame Bovary » de Gustave Flaubert). Et quant à Charles Darwin, il était également l'époux d'une certaine Emma!

Qui sait, peut-être est-ce l'utilisation du terme fiction qui biaise le lien entre science et littérature? Il n'y a qu'à penser aux récits de science-fiction qui ne traitent pas tous de science. Depuis toujours, la science s'invente et se réinvente à partir d'hypothèses bien singulières. Et la littérature réinvente le monde à partir de ce que la science suppose. Selon le chercheur, ces corrélations sont toutes aussi importantes dans la littérature contemporaine (Aldous Huxley « Le meilleur des mondes ») que classique (Jules Verne, par exemple).

Pour en savoir plus

Science & imaginaire – Le Sélectif

Conférence de Jean-François Chassay à la Grande Bibliothèque


Claudine Souchon

]]>
<![CDATA[Pourquoi Cloaca?]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Mon, 23 Feb 2009 Mardi, 3 février 2009, 17h30. Une centaine de chaises ont été installées dans la grande salle de montre de la galerie de l’UQAM. Des étudiants, des curieux, des jeunes et des moins jeunes, tous sont venus participer à une table de réflexion se déroulant en marge de l’exposition consacrée à Cloaca numéro 5. Depuis son arrivée à Montréal le 16 janvier 2009, cette machine qui imite le système digestif humain a fait couler beaucoup d’encre.

C’est Marie Fraser, historienne de l’art, qui est la première invitée à prendre la parole. Elle évoque un côté de la machine à digérer qui n’a pas été beaucoup mis de l’avant par les médias : son humanité. Éric Deslandres, gastro-entérologue, nous fait ensuite part d’une vision plus scientifique de la machine. Il lève son chapeau à Wim Delvoye, le père de Cloaca, en admettant toutefois que certaines caractéristiques font défaut à sa création, dont l’absorption des nutriments (la machine ne fait qu’excréter).

Puis, Magali Uhl, sociologue, nous parle du rapport entre le corps humain et la société. Cette dernière nous présente l’œuvre de Delvoye comme un être désincarné, plus près du laboratoire que du corps humain. Est-ce ainsi que la société conçoit l’humain? Finalement, Patrick Beaudin, expert de la société de consommation, met l’accent sur l’utilisation par l’artiste dans son travail de nombreuses marques de commerce, dont Channel, Ford et Coke.

L’art démocratique

C’est maintenant au tour du public de prendre la parole. Premier commentaire : Cloaca dénonce, mais n’apporte aucune solution. À cela, Louise Déry, directrice de la galerie universitaire, rétorque que ce n’était pas dans les visées de l’artiste et cite l’illustre peintre québécois Fernand Leduc : «un tableau n’empêche pas une guerre».

Plus scientifiquement cette fois, un étudiant demande pourquoi Wim Delvoye a décidé de nommer sa création Cloaca, alors que les mammifères sont dépourvus de cloaque, cette structure qui laisse passer à la fois les excréments et l’urine n’étant présentes que chez les oiseaux, les reptiles et les amphibiens. Réponse du docteur Deslandres : à un stade embryologique primaire, l’être humain possède un cloaque, qui se différencie ensuite en d’autres structures excrétoires plus spécialisées.

Puis, la question à un million de dollars : «pourquoi Cloaca est-elle considérée comme une œuvre d’art?» Marie Fraser se risque à avancer que chez Delvoye comme chez bon nombre d’artistes contemporains, «l’art se définit en fonction de ce qu’il n’est pas». En d’autres termes, si Cloaca n’est pas une œuvre d’art, qu’est-ce que c’est? La question est lancée.


David Massé


]]>
<![CDATA[Des robots partent à l'ascension d'une tour]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Mon, 12 Jan 2009 Les Jeux de génie représentent, sans aucun doute au Québec, l'événement le plus stimulant pour les jeunes ingénieurs voulant mesurer leurs connaissances! Le clou de cette compétition, une épreuve très attendue et représentant le plus grand défi pour les équipes en lice : la « Machine »!

L'ambiance est survoltée au Club Soda. Pour cette 19e édition des Jeux, organisée par l’École polytechnique de Montréal, ce sont 500 ingénieurs en herbe, provenant de 11 facultés et écoles de génie, qui ont répondu à l’appel! Les 11 délégations concourantes y sont réunies pour présenter le robot qu'elles ont conçu et construit. Entièrement autonomes, dix engins automatisés — l'un a finalement fait faux bond! — se succèdent à la base d'une tour, pour en faire l'ascension.

Juste un peu avant la présentation, les membres de l'École de technologie supérieure expliquent l'investissement que requiert un projet d'une telle envergure. Depuis septembre, les sept membres de l’équipe travaillent d’arrache-pied sur le robot… allant jusqu’à réveillonner le 24 décembre dernier, dans un hangar, penchés sur leur machine!

Mais où se cachent les grandes difficultés de la « Machine »? Les étudiants de l’Université du Québec à Trois-Rivières ont rappelé que le plus gros défi demeurait le respect du parcours imposé et des dimensions maximales de la machine. Plus elle est légère, plus elle est fragile. Une raison pour laquelle la délégation de Concordia a préféré concevoir une machine plus lourde et plus grande afin de s’assurer qu’elle soit fonctionnelle le jour J.

Quant à la « Machine » gagnante, celle de l'équipe de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, elle avait pour particularité d'être légère et polyvalente. « Nous avons misé sur la programmation informatique, plus que sur la robotique, afin que notre robot puisse facilement exécuter des actions connexes », explique l'un des membres de l'équipe.

Des « Machines » munies de roues, d’autres dotées d’aimants. La tour, les boulons, tout le parcours en acier. Dix engins, dix façons différentes d'appréhender la troisième dimension! Et dans ce cas-ci, le marché du travail, puisque la plupart des participants à la « Machine » étant en dernière année de baccalauréat, trouvent dans cette compétition l'occasion de valider leurs vastes connaissances acquises en robotique, mécanique, informatique!

http://www.jeuxdegenie.qc.ca/

Claudine Souchon





]]>
<![CDATA[Moins de vaches, plus d’arbres]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Sat, 6 Dec 2008 Aider une petite communauté du Panama à reboiser son territoire pour limiter l’effet de serre et améliorer ses conditions de vie, voilà la mission que s’est donnée Catherine Potvin, biologiste à l’Université McGill. C’est lors d’une conférence, présentée récemment au Cœur des sciences de Montréal devant de jeunes élèves du secondaire, que l’exploratrice a expliqué comment il était possible de reconstruire des stocks de carbone, c'est-à-dire de piéger les émissions de CO2 dans des réserves naturelles.

« Le squelette de l’arbre, c’est du carbone! », explique Catherine Potvin. Les plantes sont en effet capables de séquestrer dans leurs tissus une partie du dioxyde de carbone provenant des activités humaines. Couper les arbres équivaudrait ainsi à remettre en circulation du CO2. Un geste qui contribuerait au réchauffement climatique. « Un quart des émissions de gaz à effet de serre proviendrait du déboisement des forêts », convient la chercheuse, juste derrière la production de pétrole et l’extraction de charbon.

Le village d’Ipeti, au Panama, perd ses réserves de carbone à la même vitesse que son couvert forestier. Les habitants défrichent afin de revendre le bois ou cultiver des terres. « Le déboisement est souvent lié à la pauvreté », indique la chercheuse. Il y a quelques années, elle proposait d’inscrire la petite communauté sur le marché du carbone afin de bénéficier d’un apport financier étranger. Le protocole de Kyoto prévoit en effet que les grands émetteurs de CO2 puissent racheter leur dépassement de quotas en subventionnant un projet visant à réduire les gaz à effet de serre dans un pays en voie de développement. Depuis 2001, Ipeti possède donc son service d’aménagement des terres. Catherine Potvin et son équipe, de concert avec les habitants, y plantent des arbres pour compenser les émissions de gaz à effet de serre mondiaux et voient à l’aménagement du territoire. « Le défi, c’est de remplacer [judicieusement] les vaches par des arbres! », résume-t-elle.

L’opération est un franc succès : en 7 ans, 20 000 arbres ont été plantés! La communauté d’Ipeti a décroché son premier contrat de vente de carbone cette année avec le Smithsonian tropical research institute. L’entente prévoit la compensation sur 3 ans de 4 620 tonnes de CO2 rejetés par l’institut américain grâce à la reforestation de dix hectares et la préservation de huit autres.

Cette conférence de Catherine Potvin inaugurait la série « Les explorateurs scientifiques » présentée toute l’année au Cœur des Sciences de l’UQAM. Ces conférences ont pour but de présenter des carrières scientifiques, sous l’angle de l’aventure humaine, aux élèves du secondaire.

Pour information : http://www.coeurdessciences.uqam.ca/explorateurs.htm

Matthieu Burgard


]]>
<![CDATA[L'homme face à l'inévitable]]> http://www.montrealscience.info/files/nouvelles/ Fri, 5 Dec 2008 Année internationale de la planète Terre

Les sursauts de notre planète font encore des millions de morts et ce, souvent dans des zones fortement peuplées. Peut-on prévoir ces phénomènes, voire en limiter les pertes?

C'est un sujet bouillant, voire explosif qui a été abordé par Claude Jaupart pendant la conférence Terre en colère. Claude Jaupart, volcanologue, est également enseignant, chercheur, membre correspondant de l'Académie des sciences et écrivain à ses heures.

« Nous ne pouvons détruire les volcans. Il faut donc vivre avec », explique le chercheur. La surveillance scientifique permet de mieux prédire leurs sursauts, même si les spécialistes sont confrontés à trois grosses difficultés :

- Les éruptions sont des phénomènes instables qui peuvent connaître des changements soudains de régime. Rappelons les deux principaux régimes : celui avec pluie de cendres (permet à la population de rester sur le site en adoptant un minimum de protection) et celui avec coulée Pyroclastique (demande une évacuation totale et immédiate).
- Les éruptions peuvent se produire là où on ne les attendait point.
- Les volcans ayant des comportements particulièrement erratiques, il est difficile de se baser sur des statistiques.

Le plus difficile est la prévision à long terme. En effet, une éruption, à la différence des tremblements de terre, s'annonce. Installer des instruments peu coûteux sur les cratères permet de reconnaître les signes avant-coureurs. Les spécialistes doivent tout de même faire attention aux fausses alertes : il y a des signes précurseurs, le système peut être instable, mais avant d'évacuer toute une région — et de provoquer une panique dans la population — il faut être certain que la crise ne sera pas juste passagère. La crédibilité du chercheur en dépend.

Pourquoi autant de morts? Les sept péchés capitaux de l'humain

1 - Oubli : la vigilance diminue avec le temps.
2 - Ignorance : selon le régime de l'éruption, les populations peuvent rester sur place. Par contre, il faut savoir que le régime n'est pas immuable pendant l'éruption.
3 - Négligence
4 - Imprudence
5 - Avarice
6 - Conflits de personnalités : réunir des spécialistes sur un site volcanique ne veut pas dire arriver à un consensus.
7 - Étroitesse d'esprit : Même si l'éruption a lieu de l'autre côté du globe, elle peut avoir des répercussions sur la planète entière (impacts climatiques).

Cette conférence sera suivie par deux autres présentations intitulées Percer la Terre et ses secrets et Sols essoufflés, Terre affamée?.

Claudine Souchon


]]>